6ère partie L’étrange phénomène (N°1)

Veillée N°2 : L’incroyable commande de Raoul Brodequin pendant Vichy

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

6ème partie

L’étrange phénomène (N°1)


Un nuage parcouru le ciel étoilé où se déroulait la veillée de Pa Angel. Celui-ci jouait du banjo pour divertir ses invités, et faisait quelques mélodies. Les enfants applaudissaient.

-             Zot-lè la suite de la veillée ? Interrogea le vieil homme en créole.

-       Oui Pa, répondirent les participants.

-        Y-é-Cric ! Cria Pa Angel

-        Y-é-Crac ! Répliquèrent les invités.

-       En-nous aille ! Déclara Pa Angel.

Ti-Cœur regardait depuis un bon moment le nouveau voisin. Il lui donnait la chair de poule. Celui-ci installé sur une chaise en bois près d’une lampe à pétrole, avait sorti de sa poche un petit carnet.

-             Que peut-il bien inscrire ? Demanda Ti-Cœur à Valentin Lambrisque en lui faisant un appel d’épaule.

-             Je n’en sais rien, mais il n’est pas net ce monsieur Rabiot.

-             Voici la suite de la veillée, continua Pa Angel en montrant tout à coup du doigt Cannelle Cokar.

-       Elle avait de jolies tresses comme toi !

-             Oh ! L’enfant pris peur en se cachant derrière Corentyne Clèves Vallier.

La veillée continua.

-             « Firmin Brodequin semblait contrarié par ce qui s’était déclenché, et s’approcha de sa voisine.

-             Madame Sidonie, nous devons être extrêmement discrets sur ces évènements. Si le village se rend compte de la transformation de Crinoline, la chatte risque d’être prise à partie et ma famille aussi.

-             Ne vous en faites pas, répondit la voisine en s’éloignant vers sa maison. Soudain elle s’arrêta et ramassa des fils qu’Honorine continuait à débiter.

-             Cependant, j’aimerai vous soumettre une proposition.

-             Je vous écoute, dit Firmin qui appréhendait sa demande.

-             J’aimerai récolter quelques fils, ils me seront très utiles pour mes broderies. Et en plus, certaines sont colorées !

Inès Maslen, une jeune femme de dix-huit ans, était venue se reposer après des tensions en bord de mer. Elle travaillait au port de Fort de France. En effet, elle refusait la collaboration avec l’Allemagne nazie. Ainsi, en bonne résistante, elle retransmettait chaque semaine une multitude de renseignements sur les navires et leurs cargaisons. Elle s’approcha de sa coiffeuse pour tresser ses longs cheveux noirs lorsqu’elle regarda par la fenêtre de sa chambre.

Elle suivit attentivement l’animation qui se déroulait dans le jardin des Brodequin. Elle avait vu l’animal sortir de la maison en courant et en trainant des filaments colorés. Elle voulut appeler sa tante, chez qui elle se trouvait pendant le weekend, mais hésita.

Je vais pouvoir raconter tout cela à mes correspondants. Elle se posait des questions.

Que lui est-il arrivé ? Pourquoi monsieur Brodequin a tenu l’animal, en lui versant des gouttes sur le ventre ? Que font-ils donc de la protection des animaux ? C’est ignoble.

Elle devait absolument en parler à Laurette Sidonie. Elle se dirigea vers le jardin de la vielle femme et remarqua de nombreuses ficelles.

Elle les prit dans ses mains. C’était des fils en bon état, et de multiples couleurs. Au bout d’un mètre, une autre couleur survenait. C’était merveilleux. Comment une chatte pouvait engendrer pareil phénomène ?

Elle suivit la chatte dans un sentier derrière la maison des Brodequin. Celle-ci essayait de creuser la terre. L’animal se trouvait dans un cul-de-sac. Il avait peur de la jeune fille et se cacha derrière une plante.

-       Oh pauvre bête viens, je ne te ferais pas de mal.

Soudain, la chatte aux yeux rougeâtres grimpa sur un muret. Une fumée grisâtre s’échappait de ses tétons. Puis, elle s’engouffra dans la maison, par la porte entrouverte du jardin.

Inès cria en voyant ce spectacle, ce qui attira la venue des voisins et de la famille Brodequin.

-             Qui vous a donné la permission d’entrer dans ce lieu ? Questionna Honorine Brodequin.

-             J’ai vu votre chatte et je ne comprends pas ce qui se passe ici. Tous ses fils, sont sortis de son frêle corps. Que lui avez-vous fait ? Comment pouvez-vous faire du mal à ce pauvre animal.

-             Nous ne faisons pas de mal à Crinoline, intervient Raoul.

-             Nous vous expliquerons la situation, devant une tasse de thé, décida Honorine en regardant le ciel chargé de nuages de pluies.

Les convives se dirigèrent tranquillement dans la maison chaussette, lorsqu’une averse survient. Ils furent surpris par ce qui les attendaient l’instant d’après. »



Suite de la  6ère partie N°2, le dimanche 7 avril 13.