4ème partie. L’étrange chaman (N°1)

Veillée N°2 : L’incroyable commande de Raoul Brodequin pendant Vichy

 

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

4ère partie

L’étrange chaman (N°1)


Pa Angel, le grand père de Ti-Cœur Angel en grande forme venait de boire un verre du jus de goyave.  Il s’éclaircit la gorge et continua la veillée.

« Pendant que Raoul Brodequin entra dans sa chambre qui se trouvait au deuxième étage de la maison en forme d'une chaussette, ses parents discutaient dans le salon.

-         Honorine, ma tendre, dit son mari Firmin, je dois partir à l’île de la Dominique.

-         C’est trop dangereux, nous sommes en guerre !

-         Il faut que je sauve les habitants qui vivent dans un îlot.

-         Il se trouve où ?

-         Je croix qu’il se situe à côté de l’île de la Dominique.

Firmin sortit d'un tiroir de vielles cartes maritimes qui s’effritaient presque. Il regarda en détail la topographie. 

Il remarqua que cela lui faisait penser à sa rencontre avec le chaman.

-         Tu sais Honorine que le chaman était intriguant. Lorsqu’il parlait de drôles de signe sur ses mains semblaient bouger.

-         Ils bougeaient ?

-         C’étaient des dessins étranges comme des sillons de vagues.

Sa femme ne disait rien, mais sa peur ce voyait.

- Euh, non, j’ai dû me tromper, dit Firmin, incertain.

Il rajouta

-         L’homme m’a dit qu’il vivait sur un ilot. Mort, more, maure..ou Fimaur.

-         Oh! Cela me dit quelque chose, affirma sa femme. Oui, je me souviens de ce nom.

Honorine Brodequin regarda dans un gros carnet de commande, et tourna plusieurs pages. Une année passa, deux, trois.

-         Voilà, dit la femme en plaçant son doigt sur une page. C’est après ton retour de l’incident, j’ai reçu une commande faite de plusieurs boites de boutons, et de de fermetures éclairs. Les 365 boites, je m’en souviens. Je les ai envoyés, et devines qu’elle était la destination ?

-         Elfimaur ! S’écria Firmin en apercevant un point sur la carte, où était répertorié un îlot, très escarpé. C’est étrange que le seul nom indiqué en rouge c’est celui d’Elfimaur. C’est une île très escarpée qui semblait se trouver dans un périmètre en danger de localisation.

 

-         Je vais devoir travailler dur pendant toute une semaine, pour réaliser les chaussures.

-         Comment peux-tu en créer 365 en sept jours ? Tu dois dormir, manger et te reposer.

Son mari ne l’écoutait plus. Brusquement il quitta la pièce et se rendit dans son atelier. Il prit un classeur dans son bureau en forme de gros lacet et chercha son calepin.

     Puis, il commença à réaliser son planning de  la semaine de travail.

-         Voyons, on est dimanche. Je dois au moins produire 52 chaussures par jour !

Soudain, il se précipita dans la pièce d’à côté qui donnait sur le cellier. Il déplaça quelques meubles et ouvrit une trappe. Il descendit dans le talon de la maison chaussette.

Il alluma une lampe à pétrole et se dirigea vers une vieille boîte à chaussure en fer. Il dénoua les ficelles et fouilla à l’intérieur.

Qu’est-ce que je vais utiliser comme matière ? Si c’est le cuir, je serais rapidement ruiné.

Il m'en faudrait en commander, et en pleine période de restriction, je n’aurais pas assez d’argent.

Ému, il baragouinait tout seul, et regardait dans la boite,  ses premiers vieux instruments de cordonnier qui lui permettaient de reprendre espoir sur son métier.

Il ouvrit un petit flacon et respira le parfum.

- C’est quoi Papa ?  Demanda son fils qui entrait dans la pièce.

Il s’inquiétait en le voyant humer le flacon.

-         Ne t’en fait pas fiston, ce n’est que de l’alcool de menthe pour me réconforter.

-         Je vais t’aider, dit Raoul en l’encourageant.

-         Alors, préparons le matériel, de la colle, des semelles, des patins et des plaques !

Son fils remonta dans l’atelier et chercha rapidement les divers matériaux. Et des tampons ?

-         Oui, des tampons, cria le père qui venait de faire une liste.

-         Des lacets, et du cirage.

 

Mais au bout d’un moment,  après avoir couru dans tout l’atelier, Raoul annonça une mauvaise nouvelle.  

-         Pa, il n’y aura pas assez de matériel pour créer 365 paires de chaussures.

Celui-ci resta un moment silencieux et s'installa sur une chaise. Puis, il devint pessimiste.

-         Je n’y arriverais pas. Je ne l’ai pas dit à ta mère, pour ne pas lui faire peur,  mais si je n’arrive pas à honorer ma promesse, il nous arrivera malheur.

 

Tout à coup, son fils eut une idée.

 

 

 

La suite de la partie 4 (N°2) bientôt. Veuillez consulter le calendrier de la série.

 

 

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