3ème partie. Les actions invisibles.

Veillée N°2 : L’incroyable commande de Raoul Brodequin pendant Vichy

 

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

3ère partie

Les actions invisibles.

 

La veillée se déroulait sous les applaudissements des convives. L’air des alizés attisait le feu de bois.

La silhouette longiligne légèrement courbée de Pa Angel, se dandinait dans les ombres de la nuit.

- Hé ! Ti moun, la veillée continue !

-   Y-é-Cric !

-   Y-é-Crac ! Répondirent les invités joyeux.

Pa Angel continuait de discourir.

 

« Sur une plage déserte de l’ilot d’Elfimaur, proche de l’ile de la Dominique, Bénédicte Laborieux, une jeune fille de 18 ans, scrutait désespérément l’horizon.

Une chaleur écrasante régnait en cette fin d’après-midi. Elle avait attaché un foulard blanc autour de sa tête, et mettait sa main au-dessus de son front, pour lui permettre de mieux distinguer l’horizon.

-        Bénédicte, vois-tu le bateau venir ! Cria une voix éraillée derrière elle.

-        Non ! Toujours rien madame River.

Bénédicte Laborieux se retourna vers une femme de 67 ans, Sidoine River. Celle-ci dégustait des quenettes. Tout en rejetant les noyaux par-dessus sa tête, elle lui demanda :

-         On attend depuis quand ?

-        Cela fait deux heures et ... enfin, je vois quelque chose à l’horizon.

 

La jeune fille courut subitement vers son grand cabas placé sur un rocher, elle fouilla à l’intérieur, et sortit une longue vue.

-        Alors ?

-        Je ne vois qu’un bateau de la marine, portant pavillon anglais.

-        Vive les anglais ! S’écria la femme enjouée.

-         On a entendu beaucoup de bruits hier soir !

-         Oui, des tirs de canon, précisa Bénédicte.

La jeune fille était fière de servir une grande cause, celle de la résistance. Leurs actions invisibles au commun des mortels, porteraient un jour leurs fruits.

Depuis que des allemands avaient investi une grande partie des iles caribéennes, les habitants vivaient dans la peur, car ils occupaient une base militaire.

 

-        Nous devons être très prudentes, ajouta la vielle femme.

-        Un pavillon français !

-        Oh ! Cela n’arrangera pas nos affaires.

Elle avait écouté les messages d’une radio clandestine, qui annonçaient que Pétain était aux ordres des allemands.

-        Nous devons agir vite, décida Bénédicte. Pensez-vous qu’ils arriveront rapidement ?

-        Si la commande tarde, nous devrions en payer le prix fort.  As-tu bien posté la lettre ?

-        Oui madame River, et aucun timbre ne manquait.

Cela ressemblait à une bouteille à la mer. Elle avait utilisé un moyen plus pratique pour transmettre le message, qui, cette fois-ci, ne leur avait pas été retourné. Donc, l’espoir était de leur côté.


Elles furent déçu de ne rien voir approcher. Le bateau amenant les commandes qui leurs permettraient de régler leur problème, était attendu depuis des semaines.

Inlassablement, elle faisait une longue promenade chaque après-midi pour rallier ce point de rendez-vous. Cette fois-ci, Sidoine River l’avait accompagné.

-        Rentrons ma petite, avant la tombée de la nuit.

-        Oui, et l’horizon s’est assombri, regardez ses nuées !

 

De gros nuages noirs, chargés de pluies approchaient en direction de la côte.

 

 

Elles reprirent silencieusement le chemin du village en traversant des bois de caoutchouc et de gommiers. Après trente minutes de marche, une averse se déversait. Elles rentrèrent dans leurs maisons respectives, quand soudain, elles entendirent, une alerte résonner ».

 

La suite en octobre 2012. Veuillez consulter le calendrier des publications.

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