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Veillée N°1 : Raoul le petit cordonnier, et les 17 brigands de la route de la Trace. « Tous droits réservés, Joëlle JEAN-BAPTISTE » 9ème partie - La quatrième ombre. - Oh ! Oh ! Oh ! fit Pa Angel en levant les bras au ciel, pour signaler la présence d’une ombre dans la roulotte Soudain, il déclara. - C’est la quatrième ombre ! Ti-Cœur et Camille sursautèrent. - Eh cric ! - Eh crac ! répondirent les invités qui assistaient à la veillée de Pa Angel. Puis il continua en créole : - Zot lé save ça qui ka passé ? (1) - Oui Pa ! - Zot lé frissonné (2) - Oui Pa ! - Zot pê ? (3) Est-ce zot lé quitté veillé-la, et pati en courant ? (4) - Non Pa ! - Alors, man ka continué veillé-la. (4) Alors, les invités écoutèrent attentivement la suite de l’intrépide séance de spiritisme.
Firmin Brodequin, pétrifié, au centre de la chaine, ne ressentait plus ses mains, broyées par celles du couple. - Ne lâchez pas la chaîne !Hurla Mélissa Amaraurin, avant de commencer la séance. La température de la pièce baissa soudainement. Le cordonnier regardait s’échapper la buée de la bouche des Amaraurin, qui récitaient la même phrase depuis plusieurs minutes. - Sidoine Amaraurin, prions pour le retrouver. On recherche Sidoine Amaraurin, notre fils. Prions pour lui. Au bout d’une dizaine d’incantation, ils se turent. Tout à coup, la voix de Jude changea, il grogna. - Dit moi Ouija, où se trouve mon fils ? La voix aigüe de madame Amaraurin, contrastait avec celle de son mari, lorsqu'elle répétait sans cesse.
- Dit moi Ouija, où se trouve mon petit ?
Firmin, en sueur, n’osait la regarder. Elle était comme possédée.
A quel moment ses cheveux se sont-ils retrouvés lâchés sur ces épaules, alors qu’elle les portait en chignon ?
Quand est -ce que la chevelure de son mari s’était' elle hérissée sur sa tête, alors qu’elle était lisse auparavant ?
Firmin avait décidé de refermer les yeux. Soudain, il entendit une voix lui souffler dans l’oreille. - S’il pouvait se taire ces deux là ! - Qui parle ? Demanda t’il sous l’effet de surprise, sachant que ce n’était pas l'une des voix du couple, qui se trouvait de part et d’autre de la petite table bancale. Les Amaraurin continuaient de plus bel. - Sidoine Amaraurin, prions pour le retrouver.
- On recherche Sidoine Amaraurin, notre fils. Prions pour lui.
Firmin, tremblait de tous ces membres. Il gardait toujours les yeux fermés. - Dit leur qu’il est au pont des eaux limpides. Il ne voulait plus regarder la scène. S’il pouvait se boucher les oreilles, il l’aurait fait volontiers. Car c’est à contre cœur, qu’il assistait à cette cérémonie lugubre d'où résonnaient une voix étrange. Il avait toujours entendu dire que faire appel à des esprits, pouvaient déclencher des forces négatives. - Guide-nous ! Guide-nous ! Guide-nous vers le soucougnan pour qu'il trouve Sidoine ! Hurla Mélissa Amaraurin. Mon dieu, pensa Firmin, je ne veux pas revoir le soucougnan, cet être malfaisant. Il entrouvrit un œil, et fut surpris de voir la planchette se mouvoir toute seule sur les lettres, y rester quelques secondes et continuer ses mouvements. Maintenant, chaque lettre était lue par le couple. - Chemin. Gué. Eaux. Refuge. Le couple continua de lire chaque lettre qui formait des groupes de mots. - Pont. Auréole. Cimetière. Tout à coup, un long cri interrompit la séance. Firmin rouvrit les yeux, brisa la chaine en se précipitant dehors. Son fils venait de l'appeler.
Celui-ci recroquevillé au pied de l’arbre désignait la carriole en criant. - Je l’ai vu ! - Qu’est ce que tu as vu mon Raoul ? - Le fantôme du soucougnan ! 1- Voulez-vous savoir ce qui s’est passé ? 2- Voulez-vous frissonner ? 3- Avez-vous peur ? Voulez-vous quitter la veillée, prendre vos jambes à votre cou ? 4- Alors, je continue de raconter l'histoire !
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