TOME 4-Chapitre 4 Suite La surprise du chef

TOME 4

 

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

Ti-Cœur ANGEL

&

Les Alizés d’Argent des Caraïbes

Chapitre 4 (Suite)

La surprise du chef


Sur la route sinueuse, allant du Morne Rouge au François, le voyage se déroulait sans encombre. Le chauffeur Léon Firaz, conduisait prudemment. Quelques enfants chantaient au fond du bus.

Madame Sinter appréciait ces moments de joie. Elle était ravie de leur avoir permis d’entreprendre ce voyage. Détendue, elle se laissait aller, à rêver à de nouveaux projets. Une fidèle cliente lui avait donné un colis à remettre à Thymothy Hongres.

 

Le Thymothy Stage était pour son atelier de Petites Mains l’occasion de se faire mieux connaitre en Martinique, et dans les îles alentours. Augustine Sinter avait placé beaucoup d’espoir en ses apprentis, car le Dé d’Or l’avait confortée dans ses choix. Voir le TOME 2

Installée à l’avant du bus, elle se retournait de temps en temps, pour surveiller ses élèves. Parfois, elle se levait pour sillonner la rangée centrale. Certains apprentis jouaient aux cartes, tandis que d’autres, dessinaient leurs nouveaux costumes.

Ils ne se doutaient pas du travail qui les attendait en arrivant. À l’issue de la compétition, deux devront retourner chez leurs parents plus vite que prévu.

J’espère que ma petite perle restera longtemps, pensait-t-elle en regardant sa fille Suzie, s’entretenir avec Ti-Cœur Angel et Valentin Lambrisque.

Suis-je trop exigeante avec elle ?

Cannelle Cokar et Corentyne Clèves Vallier tissaient des bracelets qu’elles utilisaient. Madame Sinter observait, que certains élèves en comptait 4 ou 5 à leurs poignets.

Je leur dirai de les enlever avant de pénétrer dans le Thymothy Stage, car j’ai entendu parler de la qualité des informations transmises.

Elle observait Jimmy Vallier et Gontran Alois, battre la mesure en écoutant la même musique, sur le même téléphone portable dont les fils des écouteurs allaient dans chaque oreille.

Augustine Sinter sourit en pensant à l’activité qu’elle leur réservait.

Lorsque le car fit une dernière halte madame Sinter s’approcha de sa fille, pour lui offrir des caramels.

-        Merci madame Sinter, marmonna-t-elle

-        Nous sommes seules, tu peux m’appeler maman.

-        Il faudrait savoir madame Sinter ? Et si quelqu’un arrive et m’entend, je n’aurais bientôt plus d’argent de poche ? Répondit sa fille vexée en lui tournant les talons.

-        La bougresse !

 

L’enfant se dirigea vers les toilettes du bistrot, tandis que d’autres enfants allaient se désaltérer avec des boissons glacées.

Sa mère s’assit à la terrasse en attendant le groupe, pour continuer la lecture de la lettre.

Ti-Cœur rattrapa Pétunia par le bras.

-        Et tu la vois ?

-        Qui ?

-        Ton fantôme, dit le garçon en rigolant.

-        Laisse-la tranquille ! Ordonna Cannelle Cokar.

-        C’est que son histoire est tellement étrange...

-        Tu me crois au moins ? Demanda Pétunia le visage apeuré.

Il ne répondit pas, et secoua sa tête qui disait oui, alors qu’il pensait non.

-        Excuse-moi, je dois rejoindre Valentin.

-        Elle m’a dit de te dire qu’elle t’attendait.

-        Mais qui m’attend ? S’écria le mulâtre. Pour aller où ?

-        Ben c’est...

-        Je ne crois pas à son truc de revenant, coupa Ti-Cœur en s’éloignant rapidement.

-         Pétunia est si fragile, je ne la vois pas inventer une telle histoire, surtout avec les détails, déclara Corentyne Clèves Vallier en rattrapant le garçon. (…)

Lorsqu’elle rangea sa lettre, Augustine Sinter, avala d’un trait son thé glacé, tout en observant la sortie. Elle interpella sa fille, et elles s’éloignèrent un peu à l’écart.

-        Écoute ma chérie, observe bien le paysage à partir de maintenant. Quand nous rentrerons dans la commune du Robert, il faudra être particulièrement vigilant. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai des consignes précises de monsieur Hongres.

        - Que dois-je regarder ?

        - Tout !

        - Et les autres camarades ?

        - Je les tiendrai au courant par la suite.

Les enfants mangèrent leur sandwich dans le parc tropical, puis le bus se dirigea vers Le Robert.

Quelques heures après, le car arriva à destination, dans la jolie commune du Robert. Les enfants découvrirent les quartiers fleuris de la ville.

En arrivant dans la magnifique propriété du Thymothy Stage, Suzie fut la dernière à descendre du bus.

Les gamins joyeux entrèrent dans le Thymothy Stage et découvrirent leur lieu de travail. Ils voyaient la locomotive s’actionner et passer dans les rangées.

Alors, Thymothy Hongres sortit de la cabine en les saluant.

-        Bonjour les Petites Mains ! Bienvenue dans mon nouvel atelier de couture !

-        Bonjour Monsieur Hongres !

Au loin on entendit :

      - Bienvenue les petites mainssss ! Le perroquet répétait les derniers mots de son maitre.

-        C’est fabuleux ici, s’écria Ti-Cœur.

Les enfants coururent vers les machines neuves, et fascinés contemplèrent le matériel.

-        Madame Sinter, on vous attendait. Entrez donc, déclara madame Marlifricota en lui montrant la direction du salon.

Augustine Sinter salua la couturière en chef puis pénétra la dernière dans l’atelier. Elle s’arrêta, et eu un haut-le-cœur.

-        Mais, mais...Oh !

-        Quoi donc madame Sinter, dit le couturier médusé, en l’accueillant. Voici la surprise ! Regardez mon nouvel atelier de travail, dit l’homme en ouvrant les bras vers la salle.-        C’est la surprise du chef ! Répliqua Madame Sinter d’un air pincé.

Augustine Sinter regarda les appareils flambants neufs, les petites voies de chemins de fer traversant les rangées. Les étagères et armoires regorgeaient de matériel. Son regard fut attiré vers une pièce ronde ou s’entassaient des pelotes de laines dans des cylindriques colorés, des tubes contenants des boutons diverses, des épingles…

Des monte-charges s’animaient, en faisant au plafond le tour de l’immense atelier.

-        Thymothy Hongres, je vois avec un certain scepticisme toutes ses transformations. Quel est leur but ? Avoir un parc d’attraction pour nos élèves couturiers ou une colonie de vacances avec l’option couture ? Demanda fermement Madame Sinter en franchissant le seuil de la porte.

 Le couturier, interloqué par l’attaque, se taisait. Madame Marlifricota le reconnaissait à peine. Il avait la mine d’un enfant pris en faute.

Les élèves n’osaient intervenir. Un silence se rependit dans l’atelier.

-        Colonie de vacancessss ! Vacancesssss ! Répéta le perroquet.

Sans se démonter, la patronne ajouta froidement.

-        Thymothy je crois qu’il y a une chose que j’aurai dû mieux vous transmettre lorsque vous étiez mon élève dans l’atelier des Petites Mains de Saint Pierre.

-               Heu… quoi donc, dit timidement le couturier.

-               La simplicité et l’humilité des âmes ! Asséna sévèrement la directrice.

Personne n’osa ni bouger, ni répondre.

-        L’humanité des ânessss ! Répéta le perroquet.

 

Soudain les enfants s’esclaffèrent.

-        Nous v’là comparé à un troupeau d’ânes ! S’étonna Cannelle.

 

-        Se faire traiter d’ânes par un perroquet, c’est le monde à l’envers ! Déclara Corentyne, froissée.

Madame Sinter ne put s’empêcher de sourire.

-      Mes dires ne sont qu’une simple piqûre de rappel, continua la femme en observant les moindres recoins.

-  Avec cela, il est vacciné pour l’été, murmura tout bas Ti-Cœur, à son ami Valentin, qui acquiesça.

-        Monsieur Hongres, si on applique les consignes de votre perroquet, cela ne sera plus des vêtements que nous créerons mais des patchworks, conclu Augustine Sinter.

Les adultes éclatèrent de rire, ce qui détendit l’atmosphère.

 

Les chapitres du TOME 4 de la série TI-COEUR ANGEL sont réalisés pour l’édition, l’audiovisuel et la production de films d’animations.

 Tome 4 en cours d'écriture

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