TOME 4-Chapitre 4 Le mauvais penchant

TOME 4

 

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

Ti-Cœur ANGEL

&

Les Alizés d’Argent des Caraïbes

 

Chapitre 4

Le mauvais penchant


Dans la commune du Morne-Rouge, des passants intrigués, regardaient les enfants de l’atelier de couture, s’attrouper autour de madame Augustine Sinter. Celle-ci devait annoncer des directives importantes à ses apprentis.

Inquiète, elle regarda la foule et proposa aux enfants de se déplacer derrière le car.

Pendant ce temps, Ti-Cœur Angel réfléchissait aux informations que ses camarades venaient de lui divulguer.

Il se souvenait avec tristesse, de Maeva Evert, leur ancienne partenaire à l’atelier de couture des Petites Mains de Saint-Pierre. Une conversation l’avait d’ailleurs marquée.

- Dit Ti-Cœur, si tu avais la possibilité de changer quelque chose dans ta vie, que ferais-tu ?

Elle tenait un bâton trouvé dans la cour de récréation, et dessinait une croix dans la terre fraichement retournée d’un massif d’hibiscus.

- Et bien, quelle question ! Je ferais en sorte de garder la maison de mes grands-parents, et de pouvoir voir ma maman en meilleure santé. Donc, j’aimerais aussi habiter avec mes parents qui sont séparés.

- Et pour toi c’est aussi la famille ? Demanda-t-il ?

- Moi, je ne compte pas.

- Comment peux-tu dire cela ?

-  Je vois, que lentement je me détériore.

- Je ne comprends pas, avait dit Ti-Cœur en regardant son tricot rapiécé.

Quelques jours plus tard, il avait appris sa disparition.

Maintenant, il ne pouvait pas croire que la petite Pétunia Brayas pouvait voir un fantôme.

Madame Sinter ouvrit une enveloppe et annonça.

-        Voici les modalités du règlement du Thymothy Stage. Par quoi vais-je commencé ? Par la bonne nouvelle ? Ou par la mauvaise ?

-    Par la mauvaise, répondirent certains enfants alors que d'autres voulaient la première proposition.

-         Non par la bonne ! Dirent d'autres enfants.

Ti-Cœur méditait.

-        Je croyais que les revenants apparaissaient en plein jour, répliqua-il à haute voix.

- Lui aussi voit des fantômes ! Dit Gontran Alois, à Jimmy Vallier. Ils gloussèrent.

La patronne remarqua que Ti-Cœur n’était pas attentif, et regardait en direction de Pétunia, en la fixant.

-         Ti-Cœur ?

Le mulâtre perdu dans ses pensées n’avait pas écouté la conversation.

-         Monsieur Angel ? Insista la patronne des Petites Mains d’une voix forte.

Ti-Cœur sursauta.

-         Vous n’écoutiez pas !

-         Si madame Angel. Euh…

-         Alors ? Je commence par quoi ?

Ti-Cœur chercha du regard le visage de ses amis.

-         Dit la mauvaise, souffla Cannelle à coté de lui.

-         Euh …par la mauvaise.

-         Hum ! Dit madame Sinter.

-    La durée du stage est de plusieurs semaines, cependant à la fin de chaque semaine, deux stagiaires retourneront chez eux.

-         Oh ! Dirent les enfants surpris.

-         C'est-à-dire que le couturier Thymothy Hongres vous supervisera et devra renvoyer deux apprentis appartenant à notre atelier ou d’un autre. Alors je vous conseille de bien dormir chaque soir, pour pouvoir écouter attentivement les consignes données, et réaliser ce pour quoi vous avez été choisis.

-         Et les consignes que vous nous aviez données dans le bus ?

-         Elles sont aussi valable, les enfants. Avez-vous compris que la concurrence sera difficile ?

Cannelle Cokar demanda,

-         Madame Sinter, qu’elle est la bonne nouvelle ?

-         Ah, c’est ce que vous attendiez. Je ne reviens pas sur les prix des finalistes du Thymothy Stage, car, monsieur Hongres vous les détaillera une fois arrivée. Par contre, je peux vous garantir la possession d’un magnifique cadeau pour chacun d’entre vous.

-         Oh ! Est-ce que nous pourrons le voir ?

-         Est-il dans le sac que vous nous avez offert ?

-         Non, car il est très grand, et précieux.

Les Petites Mains restaient perplexe. Même Suzie Sinter, la fille de la patronne semblait étonnée.

Les enfants surexcités s’écrièrent

- On veut savoir ! On veut savoir !

Madame Sinter sourit et leur révéla.

- Nous allons au François.

-         Oui, et alors ?

-         Alors, j’ai le plaisir de vous annoncer, que nous pourrons nous divertir, et participer à la fameuse course de Yole ronde !

- C’est merveilleux !

- Je ne connais pas encore les modalités, mais notre atelier de Petites Mains sera sponsorisé, et trois d’entre vous participerons à une, ou deux étapes.

-         C’est super ! s’écrièrent les enfants ravis.

-         Oui, monsieur Hongres suivra notre yole favorite, à bord de son catamaran.

 

La course de yole, passionnait Ti-Cœur.

    - Crois-tu que nous participerons à la fête ? Lui demanda Valentin Lambrisque.

    -   J’espère bien !

 

Il se souvenait de son trajet dans l’île de Sainte Lucie, il y a deux ans de cela, avec son grand-père et de quelques amis, partis à la recherche du bois de gommier, qui devait servir à la construction de leur bateau. Ti-Cœur avait assisté à l’édifice de la yole.

-     Ti-Cœur explique-nous comment il se construit,  demanda Corentyne Clèves Vallier.

-  Et bien on procède d’abord à l’agencement d’une ossature, avec une large pièce de bois appelée monture. A bâbord sont hissés les engrenages. Ils permettent de diriger avec la pagaie. On a auparavant placé des bases en bois de l’avant à l’arrière.

-            C’est très intéressant.

-            Ce stage devient passionnant !

-            Ouais, et j’ai déjà participé à ce genre de course, se venta Valentin.

-          Ah bon ? Quand ?

Madame Sinter, qui venait de répondre aux nombreuses questions des enfants, expliqua.

-         Vous pourrez remercier le partenariat du Thymothy Stage et des Petites Mains.

Les enfants applaudirent.

Soudain, des coups de klaxon, les rappelèrent qu’il était l’heure de repartir. Le chauffeur les attendait.

     - Dirigeons nous à l'intérieur.

Madame Sinter entourés d’enfants lui demanda des renseignements. Elle ne fit pas attention à Pétuna Brayas, qui hurla, en regardant en direction d’un monument au mort installé sur la place. Puis, elle s’évanouit.

-         Que lui arrive-t-elle ? Demanda Ti-Cœur, affolé qui lui porta secours.

La fillette reprit vite connaissance. Elle s’agrippa au cou de Ti-Cœur, et lui dit dans le creux de l’oreille.

-         Elle porte une croix blanche sur sa peau noire !

Ti-Cœur n’en pouvait plus de cette histoire. Il s’écarta d’elle rapidement.

-         Veux-tu me lâcher ! Cria-t-il excédé. Je crois que c’est le soleil qui te tape sur la tête. Met un chapeau ! Riposta Ti-Cœur embarrassé.

Puis, il décida de rentrer rapidement dans le bus en essayant de penser à autre chose.

Il avait laissé la jeune fille au bord du trottoir en voyant s’approcher Cannelle et Corentyne qui vinrent vers elle.

-         Qu’est-ce qu’elle te voulait la petite Pétunia, demanda Valentin amusé. Elle a le béguin pour toi.

-        Elle est amoureuse ?

 

Installé dans le bus, Ti-Cœur avait une mine renfrogné et préféra ne rien dire.

-         La façon dont elle t’a attirée vers elle, s’étonna Valentin, moqueur.

Elle est plutôt possédée oui, déclara Ti-Cœur énervé, en pensant au mauvais penchant de la situation.

Corentyne, compris que Pétunia aurait plus que jamais besoin d’elle et de Ti-Cœur, qu’elle devait de le persuader.

Pétunia se releva et s’excusa.

-         Elle m’a fait peur.

-         Comment cela ?

-         Elle m’a montrée quelque chose.

-         Les enfants, en route ! Dépêchez-vous de monter dans le car, dit madame Sinter en faisant l’appel.

     -     Ce ne sera pas facile de le convaincre, ajouta Cannelle Cokar, désappointée, en se dirigeant vers l’autobus.

 



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