TOME 4-Chapitre 2 Suite La mallette de l’apprenti

TOME 4

Ti-Cœur ANGEL

&

Les Alizés d’Argent des Caraïbes

 

 

" Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

Chapitre 2

Partie n°2

La mallette de l’apprenti

 

 Réfugié dans son atelier au fond du jardin, très tôt ce matin-là, Pa Angel, s’activait, pour ne pas penser au départ de son petit-fils. Pendant quelques semaines, il ne le verra pas. Depuis que ses parents lui avaient confié son éducation et sa charge, il s’était beaucoup attaché à lui.

Sa présence dans la maisonnette, entre les jeux, son aide dans l’atelier de poterie et de bricolage, sans compter leurs promenades et leurs parties de pêche, ainsi que les activés qu’ils faisaient en semble, allaient lui manquer. Il ne souhaitait pas assister au départ de son petit bonhomme. Alors, il regarda l’heure, à sa montre de gousset. Il était 6H40.

Il savait que Ti-Cœur prenait le bus de 7 heures. Il essuya une larme avec le revers de sa manche, prit un objet sur une étagère, mit son chapeau de paille, et se dirigea vers la maison.

Il pénétrait dans la chambre lorsqu’il entendit la discussion.

-        Man, s’il te plait, dis-moi contre quoi as-tu échangé les flacons ? Demanda Ti-Cœur anxieux.

Pa Angel intervint

-         C’est contre les terres de notre habitation ! Répondit-t-il en se frottant les mains dans une serviette.

-        Quoi ?

-        Nous avons hypothéqué notre terrain et la maisonnette, contre de l’argent, qui a servi pour te payer les cours de couture au plus haut niveau du Thymothy Stage.

-        Comment avez-vous pu faire cela ? La demande de bourse que nous avions demandée, n’a pas fonctionné ? S’étonna le garçon.

-        Non mon petit, avoua Ma Angel.

-         En remplissant les papiers le banquier m’a affirmé que par rapport aux derniers événements(1), la banque ne pouvait accepter la demande de bourse.

- Nous avons pris les options les meilleures. Tu pourras prolonger le stage à l’étranger mon petit, assura le grand père fier de son acte.

- Comment avez-vous pu sacrifier vos modestes économies pour me permettre d’accéder au stage du François ?

- Il faut que tu réussisses ton séjour avec les étapes de validations nombreuses qui t’attendent et nous savons qu’une concurrence sera rude là-bas.

- Oui grand-mère, je ferais mon possible. Promis Ti-Cœur ému.

- Nous avons reçu des brochures sur le centre de formation et ses examens. Tu auras de quoi lire dans le bus, ajouta Ma Angel en plaçant le document dans son sac à dos.

Elle se dirigea vers la cuisine, et lui rajouta des biscuits et les fruits du jardin.

Quelques instants plus tard, les grands-parents l’accompagnèrent à l’arrêt de bus.

-        Sois sage fiston. Et réussi ton stage en nous rapportant la victoire.

-        La victoire ? Sur quoi ?

Pa Angel, les yeux remplis de larme le serra dans ses bras et s’éloigna rapidement en direction de son atelier.

-        Grand-mère, qu’est-ce qu’il a voulu dire ?

-        Lit bien la brochure et garde précieusement les éléments de la mallette. Je crois que tu en sauras plus en arrivant au François. Je voulais te dire, que lors de son passage chez nous l’année dernière, monsieur Hongres m’a expliqué qu’il envisageait de te faire rentrer dans ce stage. Et c’est grâce à ta persévérance que tu t’y trouves.

-        Merci Man. Je reviendrais bientôt.

-        Sois le meilleur ! Elle l’embrassa sur les joues.

Lorsque le bus arriva, Ti-Cœur reconnu ses amis qui lui faisaient signe à l’intérieur.

Cannelle Cokar l’accueillit en le félicitant pour sa tenue.

-        J’ai longtemps hésité, et j’ai choisi, cette couleur, répondit Ti-Cœur en faisant un clin d’œil à sa grand-mère.

-        Si tu ne réussis pas dans la couture, au moins tu pourras vendre des marchandises, fusa Man, tout en lui faisant des gestes d’adieu.

Puis il monta dans le bus et salua les « Petites Mains »

-        Je suis content de vous retrouver ! S’exclama Ti-Cœur.

-        Ben s’est pas partagé, vieux, critiqua une voix à côté de lui.

-        Bon sang, il y a toujours un Vallier dans le coin, dit Ti-Cœur en reconnaissant la voix nasillarde. Ouais, tu fais le beau, riposta Jimmy Vallier. Je me demande, comment as-tu pu réussir le test pour intégrer ce stage.

-        Mince alors ! Tu as abandonné ton double ? Je vous croyais inséparable.

-        Tu penses ce que tu veux.

-         Et ben, j’étais persuadé qu’aucun des Vallier n’aurait réussi l’épreuve.

-        Tu t’es trompé. Et j’ai déjà mon équipe !

Ti-Cœur inquiet regarda ses camarades.

-        Tu es stupide, riposta Jimmy Vallier.

-        Je ne veux pas entendre de disputes pendant le trajet ! Réprimanda, madame Sinter qui jaillit d’un siège.

Vêtue d’un tailleur fleuri aux bordures molletonnées, avec son chemisier d’un blanc impeccable, elle ressemblait à une infirmière surveillant ses malades.

-        Ti-Cœur Angel, pour une fois vous êtes en avance !

-        Bonjour madame Sinter.

-        Quelle est la raison ?

-        Surpris, il ne répondit rien, car il était habitué au « vous êtes en retard », quelle est la raison ?

-        Euh, mon réveil a sonné avant l’heure, inventa-t-il ?

-  Voici votre place Ti-Cœur Angel, asseyez-vous à côté de Valentin Lambrisque, et auparavant donnez-moi votre mallette en cuir.

-        C’est mon trousseau de couture, dit Ti-Cœur qui ne voulait pas s’en séparer.

-         Tous les trousseaux des élèves voyagent dans le coffre du car.

Elle s’en empara et la donna au chauffeur qui plaçait les bagages dans le coffre.

 

Pendant ce temps, les deux garçons se serrèrent les mains ravis de se rencontrer.

-        Salut frère, comment vas-tu ?

-        Ravi de te revoir  Valentin !

-        Nous sommes dix apprentis des « Petites Mains » et nous passerons au Carbet pour prendre d’autres élèves qui ont été sélectionnés.

-        Pourquoi nous diviser ?

-        On en reparlera plus tard, chuchota Cannelle Cokar, assise dans le siège derrière lui. Ensuite, elle lui tendit une description du stage.

Quelques instants plus tard, Ti-Cœur demanda.

-        Comment s’est fait la répartition ?

-        Madame Sinter nous a demandé avec qui on ne voulait pas travailler. Et me voilà avec ceux que je n’aime vraiment pas !

-        C’est très drôle, s’esclaffa Ti-Cœur.

-        On verra avec qui tu seras, et si tu auras toujours l’envie de rire autant, lui asséna Cannelle en se détournant ouvertement, pour regarder le panorama.

Le paysage ensoleillé et fleuri défilait sous les regards des apprentis qui chantaient à  tue-tête.

 

 

« Nous irons tous au François

Youpi, Youpi, Ha !

 

Apprendre de nouvelle des règles

Youpi, Youpi, Hé !

 

Accomplir mille exploits,

Youpi, Youpi, Ha !

 

Vive les petites Mains

 Youpi !

 

Les meilleurs collégiens

Youpi :

 

Qui cousent avec entrain

Youpi :

 

Au Thymothy stage! »

 

Augustine Sinter, composait les groupes de travail en griffonnant dans un calepin.

-        J’espère que nous pourrons travailler ensemble, dit Valentin Lambrisque à Ti-Cœur.

-        J’ai déjà perdu Cannelle. Tu sais avec qui elle travaillera.

-        Non, elle possède un numéro je crois, et il ne correspond pas au mien.

Le bus s’arrêta au Morne-Rouge pour prendre Louise Mouitel, l’amie Suzy la fille de madame Sinter.

Une surprise les attendait.

 

(1) le TOME 3 TI-COEUR ANGEL ET L'APOTHICAIRE

 

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