TOME 3-Chapitre 5 La folle fuite de Laviedrôle 3/3

 

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Ti-Cœur ANGEL

&

L’Apothicaire

 

TOME 3- Chapitre 5

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La folle fuite de Laviedrôle

 

Dans l’atelier des Petites Mains, les élèves s’inquiétaient de la santé de leur couturier préféré. Cannelle Cokar et Suzie Sinter, restaient auprès de Thymothy Hongres en l’éventant.

Lorsque Louise Mouitel et Isa Jorcel quittèrent la pièce à quelques minutes d’intervalle, elles furent littéralement assaillies de questions par les autres élèves.

 

- Comment va-t-il ?

- Que lui est t-il arrivé ?

- Il s’est réveillé ? Demanda Pétunia Brayas angoissée, sortant un mouchoir de sa poche.

- Il est toujours étendu, déclara Isa. Il faut reprendre le travail. Et c’est un ordre de la patronne.

 

Ensuite, les Petites Mains se précipitèrent vers Louise, pour avoir des nouvelles.

- Ne vous en faîtes pas. Le docteur le soigne, ajouta la couturière. Activons nos machines.

 

Certains élèves récalcitrants désobéissaient et se pressaient, vers le bureau. Madame Sinter qui veillait au grain, ouvrit la porte et les réprimanda : continuez votre travail les enfants ! Nous ne devons pas perdre une minute pour effectuer les commandes ! Thymothy Hongres va mieux, c’est inutile de vous tracasser, le docteur l’examine.

 

Les apprentis mirent aussitôt en route, les machines.

Tandis que le concierge et le médecin discutaient, la patronne en profita pour régler les honoraires du docteur Emile Rappareille. Madame Sinter observait attentivement l’atelier. Par le comportement tourmenté des enfants, elle remarqua qu’ils étaient troublés, car ils appréciaient le couturier.

 

Certains apprentis se concentraient au maximum sur leurs tâches, tandis que d’autres profitaient du chahut provoqué par le malaise du styliste pour se relaxer. Certains maladroitement se piquèrent avec les épingles.

 

La patronne compta rapidement ses élèves. Il en manquait un !

-    Mais où est donc passé Ti-Cœur ? Demanda la femme énervée.

 

 

Pendant ce temps, Ti-Cœur Angel, pédalait à tout va quand il entendit une voix familière.

-    Voleur ! Vas-tu me rendre mon vélo !

 

Comment avait t-il fait pour le rattraper aussi vite ? Se demandait l’enfant. Il se retourna et vit le facteur à l’arrière d’un taxi pays qui l’interpella.

 

Il distinguait la route sinueuse du littoral, que s’apprêtait à prendre le poissonnier. Le mulâtre ne pouvait plus reculer. Il accéléra le rythme, pédala rapidement et grilla un feu rouge.

 

Il aura peut -être une chance de rattraper Laviedrôle qu’il apercevait dans l’arrière de la camionnette, bâchée.

 

Soudain, il entendit un bruit de tôles froissées. Il se retourna et vit le taxi qui l’avait devancé au feu rouge, encastré dans une caravane.

 

Le facteur hurlait de plus bel, ce qui n’empêcha pas Ti-Cœur de poursuivre son objectif.

Avec cet accident, il finira par me laisser tranquille !

 

Maintenant, il voyait le petit chien fouiller dans un sac plastique et croquer un poisson, en se léchant de temps en temps les babines.

Alors que la voiture prenait la direction de la ville du Carbet, Ti-Cœur apercevait son carnet s’enfoncer lentement au fond de la bâche arrière du véhicule.

Il souhaitait le retrouver à tout prix.

 

Ti-Cœur n’arrivait pas à pédaler sous cette chaleur. Il décida de s’arrêter à l’ombre d’un arbre à pain, au bord de la route menant de Saint-Pierre au Carbet.

Fatigué de sa course poursuite pour rattraper la voiture du poissonnier, l’apprenti couturier fit une pose. Grâce à la bouteille d’eau trouvée au fond de la sacoche du facteur, il pu se rafraichir.

Puis, il eut l’idée de consulter la feuille arrachée que lui avait transmit Cannelle Cokar lorsqu’elle était dans l’école des Petites Mains. Son amie avait prit le risque de se faire surprendre par la patronne de l’atelier.

 

Le renseignement était précis. Le descendant de l’apothicaire Cosmas Belaroseas, avait bien été un des élèves dans l’école Des Petites Mains, de la famille Sinter.

 

C’est étrange qu’ils portent les mêmes noms et prénoms depuis des générations. Il regarda et vit un numéro V inscrit sous le nom : Cosmas Belaroseas V. Un numéro d’état civil leur avait été attribué.

 

En regardant au dos du croquis de l’élève, il remarqua une adresse : « Morne Charlotte ». Le Carbet.

 

Heureusement qu’il allait dans cette direction. Le vélo du facteur devenait encombrant, il allait se faire repérer. Ti-Cœur décida de le laisser dans un buisson à côté d’une case, puis continua la route à pied. Puis, il décida de faire du stop et fut content de voir un paysan sur son tracteur s’arrêter.

 

-    Tu vas où petit ?

-    Je vais à Morne Charlotte. Vous connaissez ?

-    Bien sûr. Je connais le Carbet comme ma poche. Et mon champ est aussi dans cette direction.

-    Merci monsieur.

-    Tu n’es pas à l’école à cette heure ? J’ai un fiston qui a ton âge.

-    Je dois aider une personne monsieur.

 

L’homme n’insista pas et démarra lentement son tracteur. Il conduisait en fredonnant un air du carnaval. Puis il se mit à chanter à tue-tête : « Papillon volé c’est volé i ka volé. Papillon volé c’est volé i ka volé  ».

Il semblait ravi d’avoir un passager à son bord.

 

Quand le tracteur s’engouffra dans le tunnel, le trou Caraïbe, l’air des alizés rafraichit Ti-Cœur et lui donna un peu d’apaisement.

Il savait qu’il allait dans la bonne direction et que son ami, styliste, Thymothy Hongres, pouvait être sauvé, grâce à cette nouvelle piste.

 

Quelques instants après, ils arrivèrent à l’entrée du bourg de la ville du Carbet, aux jolies maisonnettes et cases colorées. Puis, entrèrent dans Morne Charlotte.

 

-    Je peux te déposer à un endroit précis ?

-    Oui, dans l’habitation de la famille Belaroseas. Vous la connaissez ?

 

A peine venait-il de prononcer ce nom que Ti-Cœur vit un contraste saisissant dans l’attitude du paysan. Celui-ci se contracta, et répondit :

-    Je ne connais pas cette famille. Descend immédiatement de mon engin !

L’homme enleva sa casquette, essuya son front.

-    Je croyais que vous connaissiez tous les lieux de la ville du Carbet ?

-    Tu es arrivé dans la rue que tu voulais, alors descend maintenant !

 

Puis, soudain, le paysan sortit un petit ouvrage de la poche de sa veste et commença à réciter un psaume. Lorsque Ti-Cœur, fut sur le trottoir, il démarra brutalement le tracteur qui fonça en haut du Morne pour y disparaître, en laissant un grand panache de fumée noire.

 

-    On dirait qu’il a mit les gaz, dit une voix grave derrière lui.

 

Intrigué, Ti-Cœur se retourna…

 

 

Les 39 chapitres du TOME 3 de la série TI-COEUR ANGEL sont réalisés pour l’édition, l’audiovisuel et la production de films d’animations.

 

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