TOME 3-Chapitre 5 La folle fuite de « Laviedrôle » 2/3

Ti-Cœur ANGEL
&
L’Apothicaire


TOME 3 – Chapitre 5
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La folle fuite de « Laviedrôle »



Madame Sinter ne comprenait pas où se trouvait ses élèves. Elle se dirigea dans la cour de récréation et fut surprise de voir le désordre. Des cordes à sautées se rependaient dans la cour jonchée de chaises renversées.
Un ballon cognait contre les barrières bordées par quelques emballages des desserts des élèves. La patronne qui les avait toujours habitués à ranger leurs jouets après chaque récréation était consternée.
Qu’est-ce que c’est que ce chantier ?

Son sang ne fit qu’un tour. Furieuse, elle se dirigea vers le seul lieu qu’elle n’avait pas franchit, car elle entendait des voix en provenance de son bureau de travail. Elle distingua Cannelle Cokar debout sur une chaise en train de donner des ordres aux élèves.
-    Ouvrez la fenêtre ! Apportez un coussin !

-    Cannelle Cokar ! Tonna la directrice. Tous les élèves font une procession au sein de mon bureau ? Que vous arrive-t-il ? Faites régner l’ordre ici ! Ordonna la patronne de l’atelier, inquiète, en passant lentement à travers la foule des élèves.

Les Petites Mains ne dirent rien.

- Mais où vous croyez vous Mesdemoiselles Judith Boulier et Isa Jorcel ? Ce qui s’est passé toute à l’heure ne vous a pas suffit ?

Les jeunes filles n’eurent pas le temps de répondre.

Madame Sinter visiblement remontée continua.
-    Un conseil de discipline va vous remettre les idées en place !
Suzie Sinter s’approcha.
-    Maman, heu ...madame Sinter, dit sa fille tout bas.
-    Quoi ! Encore cette manie de m’appeler maman devant la troupe d’élèves ? Serais-tu contente, si je t’appelais mon poussin ?
Plusieurs élèves pouffèrent.
Suzie rougie, puis honteuse préféra quitter le lieu en courant.

-    Mais reviens donc t’expliquer ! Hurla madame Sinter. Elle se retourna vers les élèves.
-    C’est Monsieur Hongres, madame Sinter, dit la plus jeune des élèves, Pétunia Brayas, en l’agrippant par le tablier.
Surprise, madame Sinter se fraya un chemin parmi les Petites Mains et traverser la pièce. Thymothy était allongé sur le canapé de son bureau. Des enfants s’attroupaient autour de leur couturier fétiche.
Quand la patronne trouva Thymothy étendu sur le divan, elle se précipita pour lui prendre le pouls.
-    Il est très faible. Valentin et Vallier, allez chercher le concierge. Dites à monsieur Calamars de faire immédiatement venir le médecin.
-    Oui madame, répondirent les garçons qui partir rapidement. Puis elle dégrafa son col de chemise.
Ils trouvèrent le concierge dans l’ancienne usine, entrain de décharger une cargaison de tissus venus d’Inde. Celui-ci sortit de l’école pour aller au dispensaire.
-    Maintenant sortez du bureau les enfants. Aller reprendre votre travail. Chacun à sa place !
-    Cannelle restez ici et ouvrez la climatisation.
-    Louise, allez chercher ma fille, j’ai besoin d’elle tout de suite !
-    Oui madame Sinter.

Elle la trouva, qui essuyait une larme, accoudée en haut de l’escalier.
-    Ma mère m’a traité comme si j’étais un bébé, on dirait qu’elle ne se rend pas compte que j’ai 13 ans et non 4 !
-    Elle a besoin de toi. Et puis, ce n’est pas une honte de t’avoir appelée poussin, alors que la mienne m’appelle constamment mon bébé !
-    En entendant cela Susie se rassura. Elle traversa la tête haute la salle, où les apprentis cousaient, et elle entendit quelques gloussements : cui-cui !
-    Je préfère cela à des areu ! areu !

En les voyant, madame Sinter s’adressa à sa fille.
-    Suzie, Monsieur Hongres s’est blessé en tombant. J’aurai besoin du flacon d’éther dans l’armoire à pharmacie, ainsi que la trousse.

-    J’y vais tout de suite.
Pendant ce temps, dans les rues de la ville de Saint-Pierre, en Martinique, Ti-Cœur pédalait de moins en moins vite. Il avait dû s’alléger d’une partie du courrier qui alourdissait ses déplacements. Il savait qu’il avait fait une grosse bêtise, en empruntant le vélo du facteur, mais il ne pouvait plus reculer. Le petit chien bâtard, prenait la direction d’une colline dominant le haut de la ville de Saint-Pierre. Le jeune chien avait du tonus et parcourait les rues escarpées de la ville. Un soleil de plomb régnait sur la ville.

Ti-Cœur ne pouvait pas jeter les paquets encombrants. Alors il s’arrêta devant une librairie, décrocha rapidement la sacoche, puis la plaça dans l’entrée en disant.
-    C’est le facteur ! Prière de faire le tri postale !

Puis, satisfait, il enjamba son nouveau véhicule, et partit en trombe en direction du marché.
Les commerçants remballaient leurs marchandises.

Soudain, les roues glissèrent sur des épluchures, Ti-Cœur glissa et bouscula une femme qui portait un panier sur sa tête. La torche qui servait à soutenir la corbeille, tomba en déversant des légumes.
-    Ti mamaille. Ca qui ka rivé ou ? (1) Dit la femme mécontente.

Ti-Cœur se redressa, s’excusa et ramassa une partie de ceux-ci.
-    Je veux rattraper le chien qui m’a prit un objet.
-    Oh, tu ne fais que l’effrayer, il a aussi faillit me renverser. Et il est parti dans cette direction. C’était un sens unique. Ti-Cœur se doutait que le chien serait dans cette ruelle. Il avait des chances de pouvoir coincer l’animal.
Il chercha dans les moindres recoins de porte. Rien ! Une voiturette était en stationnement.

Ti-Cœur se pencha et trouva l’animal caché derrière la roue du véhicule. Il avait lâché le calepin, et se grattait pour chasser ses puces. Lorsque Ti-Cœur voulu reprendre le carnet laissé par terre, le chien grogna. Ti-Cœur hésita, voulu calmer l’animal en le caressant, mais celui-ci, déjà excité lui attrapa le bras. Puis le lâcha quelques secondes après.
-    Tu m’as mordu, sale clébard !
-    Ce n’est pas une morsure profonde, dit un passant en regardant son bras. Ce petit chien joue avec toi.

Soudain la voiture démarra, et Ti-Cœur impuissant, vit le chien sauter sous la bâche juste à temps.
Ti-Cœur voulu arrêter la voiture, mais il reconnu l’homme baissa sa vitre et l’invectiva. C’était le marchand de poisson.

- Pousse -toi de là petit. Le temps c’est de l’argent !
-    Monsieur Taunus, il y a mon chien dedans !

Soudain l’homme qui venait de remonter sa vitre utilisa son klaxon, et cela eut pour effet de faire sursauter l’enfant qui s’écarta, pour laisser passer le véhicule.

Ti-Cœur revenait juste à temps, pour reprendre le vélo, lorsqu’il entendit derrière lui.

-    Au voleur !



(1) Petit enfant.  Que t’arrive-t’il ?



LA SUITE SAMEDI 26 MARS 11