TOME 3-Chapitre 5 La folle fuite de « Laviedrôle » 1/3



Ti-Cœur ANGEL
&
L’Apothicaire


TOME 3 – Chapitre 5
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La folle fuite de « Laviedrôle »



Ti-cœur Angel sauta rapidement par dessus la balustrade de l’école de couture « Les Petites Mains », pour courir après Laviedrôle. Le petit chien tenait dans sa gueule le précieux calepin, et il ne fallait pas qu’il s’échappe.

Les enfants interpellèrent leur camarade :
- Ti-Cœur reviens !

Tout à coup, Thymothy Hongres sentit une vive douleur aux mains. Troublé, il se demandait d’où elle provenait : peut-être du choc de voir le chien partir en direction du centre ville de Saint–Pierre en Martinique, ou de l’obsession de la maladie qui le tenaillait.

- Tu n’a pas le droit de quitter l’école, sans autorisation ! S’écrièrent Louise Mouitel et Suzie Sinter en même temps.
- Ouais, il en profite pour sécher les cours, critiqua Guy Vallier en ricanant. N’est-ce pas lui qui devait effectuer ce soir  une heure de colle ?
- Tais toi donc ! Riposta Valentin Lambrisque l‘ami de Ti-Cœur. Du côté des punitions, je crois que tu le dépasses ce trimestre ?

Les deux garçons se rapprochèrent et allaient bientôt s’empoigner quand Ryad Salm, leur fit remarquer.
-    Et les gars, pourquoi monsieur Hongres ne dit rien ?
Le styliste Thymothy Hongres, semblait désappointé. Il s’agrippait fermement au dos du banc, et redoutait le moment de voir sa guérison s’éloigner. Sans le calepin d’indications, il craignait le pire.
-    C’est étrange. Regardez les gars, il devient livide !
-    On dirait qu’il chancelle.
Le couturier n’eut pas le temps d’obtenir une réponse à ses réflexions, et les enfants le virent s’évanouir immédiatement.


Entre temps, Ti-Cœur n’entendait plus les cris des copains. Il cavalait dans les rues de Saint Pierre. Il devait absolument retrouver le calepin que lui avait confié le styliste. De précieuses indications sur le mystérieux apothicaire, Belaroseas Cosmas, avec des remèdes y étaient inscrites. Et même si celles-ci paraissaient parfois incompréhensibles, Ti-Cœur savait que l’objet avait de la valeur.

Il repéra le chien qui passait devant l’hôtel de ville. En ce début d’après midi, les rues de Saint Pierre étaient encore bondées.
Ti-Cœur héla les passants.
-    Aidez-moi ! Stoppez le chien ! Il a prit mon carnet !
Des enfants qui sortaient d’une boulangerie s’esclaffèrent.
-    Si c’est ton carnet de mauvaises notes, tu pourras le remercier !
-    Ha, ha, ha !

Certaines personnes essayèrent de bloquer l’animal, en vain. Rusé, celui-ci se faufila entre leurs jambes.
Puis, les passants continuèrent tranquillement leur chemin. Ti-Cœur essoufflé s’arrêta au milieu de la rue.
- Il est trop rapide, petit, lui dit un vieil homme assit sur une banquette, devant la vitrine d’un herboriste. Il secoua la tête en souriant. Il se délectait en regardant passer les badauds du quartier.
-    Tu auras une chance de le rattraper, en prenant la direction de cette ruelle, ajouta le vieil homme en bourrant du tabac dans sa pipe. Puis, il lui montra le chemin, avec sa canne.

Ti-cœur le remercia et couru dans la nouvelle orientation. Soudain, en arrivant à la croisée, il buta sur le facteur à vélo. Celui-ci l’apostropha !
-    Et p’tit, regarde devant toi, avant de traverser la chaussée ! L’homme descendit de son vélo et l’adossa à un mur.
 Puis, il se pencha pour aider Ti-Cœur à se relever. Tu n’as rien petit ?
-    Non, mais il faut rattraper le chien, monsieur Pignons. Dit le mulâtre en se frottant le coude.
-    Oh ! Je vois que Laviedrôle a encore fait des siennes.
-    Il a chipé mon carnet.
-    Tu vas te faire gronder par madame Sinter, si tu n’as pas tes affaires.
Ti-Cœur acquiesça. Il ne voulait pas lui dire, que ce carnet appartenait à un homme décédé depuis des siècles, et qu’il avait l’intention de venir le récupérer.
-    Il faut que je le rattrape à tout prix !
- Je ne peux rien faire pour toi mon garçon, dit Paul Pignons, préoccupé par son travail. J’’ai encore beaucoup de lettres à distribuer.

Puis le préposé prit un paquet dans sa sacoche, et entra dans la société de négoce, la compagnie Gascar. Il commença une vive discussion avec un employé.
Ti-Cœur en observant le bout de la rue, vit le chien tourner au coin de celle-ci.

Inspiré, il eut tout à coup une idée. S'il était rapide, il pourrait rattraper l’animal. Alors, brusquement il enfourcha la bécane  et pédala à fond de train.
La sacoche restée entrouverte, rependit les lettres dans la rue, comme une trainée de mariée.

-    Oh le voleur ! S’écria le facteur en sortant rapidement le poing levé en direction du fugitif.


Pendant ce temps, dans l’atelier de couture, madame Sinter était montée dans son appartement pour prendre un médicament. Son mal de tête devenait insupportable depuis quelque temps. Et la mauvaise nouvelle du risque de la fermeture de son école n’arrangeait pas ses affaires. Elle devait maintenant sermonner les trois élèves qui avaient désobéis.

En arrivant au rez-de-chaussée, elle n’entendit pas fonctionner les machines. Elle avait pourtant demandé à Hongres de faire rentrer les élèves, car le travail devait reprendre. Elle connaissait le sérieux de son ancien élève.
Peut-être n’a-t-il pas eu l’autorité nécessaire pour faire rentrer les petites mains qui pouvaient devenir des petits diables, si on ne les surveillait pas assez.
Elle se souvient d’un jour d’orage, où elle avait oublié de fermer ses fenêtres à l’étage. Elle avait confié la responsabilité de tenir les classes à sa fille, Suzie, et à son amie Louise Mouitel. Mal lui en prit.

C’est en redescendant, qu’elle trouva un champ de bataille avec des tissus et des objets éparpillés partout, et des enfants qui se battaient entre eux.
-    Elle ne s’était pas rendu compte des tensions qui existaient entre certains groupes. Et c’est pour cette raison que depuis ce jour, elle avait instauré un roulement de travail entre les élèves.

La sanction fut radicale. Les élèves devaient venir travailler un dimanche, soit un  jour de plus à l’école sous peine de sanction définitive.
Où maintenant était donc passez ses élèves ?





LA SUITE LE VENDREDI 25 MARS SOIR