TOME 3-La composition médicamenteuse 3/4 et 4/4

« Tous droits réservés, Joëlle JEAN-BAPTISTE »

 

 

Ti-Cœur ANGEL

&

L’Apothicaire

 Chapitre n°3 (suite)

 

Chapitre n°3 La composition médicamenteuse 3/4 et 4/4

 

Cannelle Cokar s’approcha très vite du bureau, en se courbant pour ne pas être vu par madame Sinter et Thymothy Hongres, installés à l’ombre, sur la terrasse de l’atelier des Petites Mains. Un plateau de fruits, de gâteaux secs et de jus sur la table, leur permettait de savourer une petite collation.

 

Sa patronne en grande conversation avec le couturier, tenait à la main une lettre et semblait effondrée. Cannelle ne pouvait pas entendre leur conversation, cependant elle savait qu’il était question de l’atelier des Petites Mains.

 

Comment allait-elle s’y prendre, pour entrer dans le bureau de la patronne ?

 

Elle avait déjà trouvé deux prétextes, si la patronne la surprenait.

 

Inquiètes de la voir évoluer dans le bureau de la patronne, les jeunes filles qui effectuaient leur punition, décidèrent de partir au fond de l’atelier.

 

Celle ouvrit une boîte de bobines de fils installée sur l’étagère, en choisit une, pénétra dans la pièce de travail de sa patronne, en prenant soin de laisser la porte entrouverte.

Elle pouvait entendre toute leur discussion.

Cannelle écoutait d’une oreille. Et fouillait méticuleusement les tiroirs Elle se dirigea vers le mur rempli de photos de classes de différentes années.

Madame Sinter dépité annonça à Thymothy.

-        Quelle malchance ! S’exclama-t-elle. En ouvrant le courrier de la matinée en provenance de notre principal client, je pensais y trouver une commande habituelle. Et je viens de recevoir une nouvelle qui ne va pas nous faciliter la tâche. Vous savez que nous sommes en concurrence avec l’école de couture de la ville du Carbet.

- Oui, celle de madame Morvandelle. Elle est très perspicace. Souvenez-vous du concours du Dé d’ Or, dit-elle. (1)

- Alors que c’est-il passé ?

- Nous avons perdu le contrat !

- Pourquoi madame Sinter ?

-Parce qu’il y a eu un gros problème lors de la livraison. Il y a quelques jours de cela, un éboulement s’est produit sur la route de la Trace, et tous nos vêtements son tombés dans un ravin. C’est une catastrophe.

 

 

Il faisait 26 degrés à l’ombre dans la cour de récréation des Petites Mains. Quelques enfants s’étaient munis de casquettes pour s’abriter des rayons du soleil pendant qu’ils sautaient à la corde, tandis que d’autres jouaient à élastiques. Ensuite, Louise alla rejoindre Suzie, qui dégustait tranquillement des beignets et semblait plus réceptive.

-   Je t’écoute Ti-Cœur !

- J’irai droit au but. J’ai besoin d’accéder aux archives des Petites Mains !

-   Quoi ? Ma mère m’interdit l’accès de cette pièce. D’ailleurs, elle débouche sur cette tourelle.

-   Je croyais que c’était un pigeonnier ?

-   Oui, en partie, lui répondit la jeune fille en se léchant les doigts.

-   En partie ?

    Elle secoua la tête. Ti-Cœur se demanda se qu’elle attendait pour continuer à parler. Il observait ses camarades de jeux, l’élastique leur arrivait aux mollets.

Il lui proposa rapidement un autre beignet, qu’elle accepta volontiers.

-   Alors ? Pourquoi toutes ces questions ?

-   Je veux avoir accès à cette pièce, Suzie. J’ai besoin d’effectuer des recherches. Je te demande de me donner la clé pour une heure. Pourras-tu m’aider ?

 

Les camarades de jeu allaient bientôt terminer leur partie, car ils venaient de placer l’élastique au niveau de leur cuisse.

-  Je suis déjà assez punie comme cela pour chercher à rentrer dans cet endroit ! D’ailleurs, qu’est ce que j’y gagne ?

-   Je t’accorderai ce que tu voudras.

Suzie eut un grand sourire. Elle allait pouvoir utiliser le savoir-faire de Ti-Cœur pour son travail de couture personnelle.


 

Suite 4/4, le vendredi soir, le 28 janvier 11.



Suzie Sinter réfléchissait.

Qui a-t-il dans l’atelier pour qu’il accepte de m’apporter son aide en couture ?

-  Je me demande ce que tu cherches dans cette pièce. Il n’y a que des cartons poussiéreux. Et parfois ma mère cherches des anciens dessins et patrons.

Ti-cœur lui proposa un dernier beignet, qu’elle accepta.

-   Si je te donne la clé, tu auras besoin combien de temps pour y rester ? Demanda Suzie.

-   Au moins, deux ou trois heures.

-   Ce sera une heure, pas plus. Quel jour ?

-   Samedi matin, si possible.

- Pas le samedi, elle travaille dans l’atelier et prépare les cours de la semaine.

Ti-Cœur demanda

-   A quel moment tu as l’autorisation de sortir ?

- Uniquement pour aller chez mes copines. Ma mère n’aime pas me laisser plus d’une heure seule à la maison. D’ailleurs, je ne le suis jamais car une voisine me surveille.

-   Je crois que j’ai une idée.

Dans la cour de récréation, Ti-Cœur eut une inspiration. Il lui proposa de l’accompagner à une veillée de son grand-père et pendant ce temps il pourrait aller dans la pièce interdite.

-   Alors on est ok ! Annonça t-il ravi.

Suzie secoua la tête en disant

-   Non ! On n’est pas ok !

 

Que va-t-elle encore me demander, pensa Ti-Cœur déçu de ne pas avoir conclu rapidement son marché avec elle.

Lorsque le jeu de l’élastique fut terminé, il vit Louise Mouitel se précipiter vers sa meilleure amie.

Ti-cœur s’éclipsa en donnant rendez-vous à Suzie après la classe, sur le chemin du retour de l’école.

 

Pendant ce temps, installée dans le fauteuil en osier dans le bureau de Madame Sinter, Cannelle Cokar ouvrit un tiroir et trouva se qu’elle cherchait. Elle sortit trois albums de photos individuelles des élèves de l’établissement depuis la date de création des Petites Mains.

Voila j’ai trouvé ! Les années 1900-1910.

-.Elle consulta le sommaire détaillé et trouva facilement le nom de l’individu.

 

Mais son attention, fut attirée par les sanglots de sa patronne.

-   Thymothy, je crois que je vais devoir mettre la clé sous la porte.

En entendant cela, Cannelle fit un geste de recule et fit tomber un porte stylo.

Sa patronne allait venir d’un instant à l’autre. Brusquement Cannelle arracha la page de l’album, la mit dans sa poche, et replaça l’album dans son tiroir, puis, elle se cacha sous le bureau.

 

Madame Sinter accompagnée de Hongres, entra dans la pièce et se dirigea vers son bureau.

 

Elle aperçut la silhouette de la jeune chabine accroupie.

- Cannelle, que faites-vous sous mon bureau ? Hurla la femme.

- Sortez de la immédiatement !

 

 

Suite du chapitre les 24, 25 et 26 février 2011