TOME 3-La composition médicamenteuse 2/4

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Ti-Cœur ANGEL
&
L’Apothicaire


 Chapitre n°3 La composition médicamenteuse 2/4(suite)


-    Que veux-tu Ti-Cœur ? demanda Louise Mouitel rageuse.
Sa jalousie la dépassait. Elle n’en pouvait plus de la voir se pavaner à la table du couturier qu’elle appréciait.

Le petit mulâtre constata l’erreur commise en s’adressant à Lucie dans de telles circonstances. Entourée de ses camarades, Boudeuse, il ne pouvait rien attendre d’elle.
-    Heu..., je voulais juste m’assurer que vous avez toutes bien mangé à cette table, ajouta t-il comme prétexte.
Puis il se leva avec un grand sourire.
-    Qu’est ce qu’il est prétentieux !
-    Tu as vu son regard moqueur, railla Louise.

Au début de l’après midi, le travail recommença dans l’atelier des Petites Mains.
Lorsque Thymothy Hongres voulut aider Ti-Cœur dans la coupe d’un tissu, celui-ci aperçut des rougeurs sur sa main. Le couturier se frottait les doigts régulièrement, il souffrait énormément.

Ti-Cœur décida dès cet instant à lui porter secours. Il mit un plan astucieux pour progresser dans ses recherches sur la localisation du lieu d’habitation de l’apothicaire. Cosmas Belaroseas, voyageait dans plusieurs îles des caraïbes. Il était urgent de le retrouver

Le couturier s’éclipsa un moment, puis, il réapparut avec un pansement autour de la main.
Madame Sinter lui demanda.
-    Que s’est-il passé Thymothy ?
-    Je viens d’être piqué par des moustiques, dit le couturier qui ne voulait pas affoler Madame Sinter sur ces déboires.
- Dans l’école ? Demanda-t-elle, car chaque jour je place des produits anti moustiques.
- Non, c’était dans la cour ce matin, dit Thymothy. Je viens de passer une pommade, qui j’espère calmera les démangeaisons.
Thymothy fit un clin d’œil à Ti-Cœur, qui semblait lui dire de ne pas se faire du souci pour lui.


Dans l’après midi, quand vint l’heure de la récréation, il raconta à ses amies, Cannelle Cokar et Corentyne Clèves Vallier, les souffrances que subissait le styliste. Tu vas pouvoir agir tout de suite.

Il lui chuchota des consignes à l’oreille.
- Je vais réussir cette première mission ! Annonça la chabine, volontaire.
Deux apprentis privés de récréation, observaient Cannelle qui entrait sur la pointe de pied dans la salle de couture.
-    Que fais-tu là ? Si la patronne te surprends, nous nous feront réprimander ! Déclara Judith Boulier préoccupée. Et elle nous punira, ajouta Isa Jorcel.
-    Chut ! Dit Cannelle en mettant un doigt sur ses lèvres.


Pendant ce temps, dans la cour de récréation, les enfants jouaient à la marelle. D’autres sautaient à la corde.

Ti-cœur regardait Valentin Lambrisque, Corentyne Clèves Vallier et Louis Mouitel, jouer à l’élastique. L’élastique se trouvait à hauteur de la cheville. Il savait que Louise gagnait souvent à ce jeu. Il lui restait peu de temps pour discuter.

Il profita de l’absence de Louise pour s’approcher de Suzie Sinter.
-    Oh ! Je n’ai plus envie de mon gouter.
-    Il à l’air appétissant pourtant, dit-elle avec envie.
- Oui, ce sont des beignets que ma grand-mère a préparés pour moi ce matin.
Suzie regardait Ti-cœur avec gourmandise. Elle connaissait les délicieux desserts que préparait sa grand-mère avec les enfants de la région, tous les quinze jours le mercredi. Une partie de l’argent alimentait les caisses d’une association de charité et de solidarité pour handicapé.

Cette organisation disposait d’un local dirigé par Man Angel, et par la mercière, Ludivine Clèves Vallier. Celle-ci collectait les vêtements usagés, les rénovait, alors que Man Angel, vendait une partie de ses légumes et ses gâteaux au marché de Saint Pierre.

Au local, on distribuait du linge, de l’alimentation et des jouets pour les enfants. L’association portait le nom de Ti-Cœur Angel charity.
-     J’ai tellement mangé ce matin. Veux-tu une part de mon dessert Suzie ?
Suzie Sinter acquiesça, en se demandant ce que Ti-cœur attendait d’elle. Elle savait, que lorsqu’il lui donnait son dessert il y avait toujours une contrepartie.

Madame Sinter pensait qu’il entretenait une bonne harmonie. Alors que le plus souvent, ils échangeaient leur punition, ou le travail en s’aidant mutuellement. Même sa fille Suzie, gardait leur petit secret pour elle. Car le plus souvent, elle était davantage punie que la plupart de certains élèves.

Un jour, elle osa contredire sa mère en lui disant.
 -Mère, pourquoi dois-je faire deux heures de retenue au lieu d’une ?
La réponse de la patronne de l’atelier fusa.
    - Mademoiselle Sinter ! Premièrement, ici dans cet atelier, je ne suis pas votre mère mais madame Sinter ! Et deuxièmement, vous ferez trois heures de retenues au lieu de deux !
   
Ainsi, les élèves possédaient ce secret en commun, et ne tenaient pas à le dévoiler.
-     C’est pourquoi ?
-    Tu le prends d’abord.
Suzie hésita.
-    Après tout, je vais le proposer à une autre fille, déclara Ti-Cœur en faisant mine de se lever.
-    Attends, donne le moi. Mais ce n’est pas parce que je le prends, que je ferai ce que tu demandes.

Ti-cœur jeta un œil sur le jeu. Les enfants jouaient à l’élastique, à hauteur des mollets. Il fallait absolument qu'il parle à Suzie avant la fin du jeu, car Louise et ses copines n'allaient pas tarder à les rejoindre, une fois le jeu terminé.




Dans l’atelier de couture, Cannelle regarda la pendule. Il ne lui restait que dix minutes pour réussir sa mission.





La suite demain, le jeudi 26 janvier 11.