TOME 3-Chapitre 2 Le tremblement SUITE

TOME 3-Chapitre 2 Le tremblement

 

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Ti-Cœur ANGEL

&

L’Apothicaire

N°2 - Le tremblement (suite)

 

-   Ma blessure à la main me donne du souci pour coudre actuellement, tu as dû le remarquer ?

Ti-Cœur approuva d’un hochement de la tête.

-   Il y a quelques semaines, une plante piquante m’a lacéré les doigts, et plusieurs épines s’y sont incrustées. J’ai rencontré une femme âgée, qui m’a soigné. Ses remèdes m’ont soulagé de mes douleurs. Avant de son départ pour rejoindre sa famille aux États-Unis, elle m’a donné un vieux calepin, qu’elle détenait d’un vieillard.

 

- La seule personne qui pourra me guérir, c’est cet homme. Il faut que tu ailles le chercher Ti-Cœur.

-   Pas de problème, je ferai tout mon possible pour t’aider !

-   Tu es en vacances scolaires la semaine prochaine pendant deux semaines n’est-ce pas ?

-   Oui, et je dois aller à Fort-de-France voir mes parents.

-   J’ai besoin de toute urgence de ton soutien. Mes doigts ne tiendront pas longtemps, pendant les séances de couture. Sans la potion et les herbes du flacon que mon perroquet a cassé, le mal s’aggravera dans vingt jours.

 

Ti-Cœur observa l’homme désespéré, d’une vingtaine d’années qu’il admirait tant. Il retenait ses larmes.

- Où habite-t-il ?

- J’ai trouvé dans l’une des pages de son carnet, un dessin qui me servait de marque-page. Il tendit le carnet à l’apprenti. Je crois que tu pourras y repérer une direction.

 

Ti-Cœur l’ouvrit. Il ne voyait pas grand-chose. Il distinguait à peine des traits flous.

 

Cannelle sortit de l’école, et s’approcha d’eux.

-   Madame Sinter, m’envoie vous chercher.

 

Thymothy  qui souhaitait poursuivre sa conversation, lui répondit vaguement.

 

-   Tu diras à ta patronne que je prépare un costume spécial avec Ti-Cœur. Nous viendrons dans une trentaine de minutes, répondit-il en se frottant la main.

 

Ti-Cœur demanda gentiment à Cannelle.

- Peux-tu me rapporter des feuilles, des crayons et une loupe ?

-   Que me cachez-vous ? Leur demanda la jeune fille qui les observait attentivement, depuis quelques instants.

-   Rien ! Répliqua Ti-Cœur précipitamment.

-   Tu as répondu trop vite. Si vous me promettez de me dire ce qui se trame, je reviendrai avec le matériel. Autrement, je dirai à madame Sinter de vous rejoindre ici !

-   Tu ne manques pas d’air ! Rétorqua Ti-Cœur énervé.

-   Quel âge as-tu Cannelle ? Demanda Thymothy amusé.

-   J’ai 12 ans et demi, répondit la chabine en croissant les bras.

-   Tu fais la maligne. Bon, c’est d’accord, ajouta Thymothy. Mais, à une condition.

-   Laquelle ? S’enquit Cannelle.

-   Si tu veux savoir de quoi nous parlions, tu t’engages à y participer.

-   A quoi ?

-   Alors tu veux savoir ou pas ? Répliqua Ti-Cœur impatient.

 

Cannelle Cokar hésita. Elle se rendait bien compte que son affirmation avait du poids.

 

-   Si je dis oui, je ne pourrai pas revenir en arrière ?

-   C’est exact, confirma Hongres.

-   C’est à tes risques et périls, dit clairement Ti-Cœur, ravi de lui faire peur.

La curiosité allait l’emporter.

-   C’est oui ! Et je reviens tout de suite.

Puis, elle prit la direction de l’atelier des Petites Mains.

- Je ne sais pas si c’est une bonne idée de la mêler à cette aventure, dit Ti-Cœur gêné.

-   Mon perroquet Condor ce matin, a brisé un flacon précieux.

-   Comment peut-on t’aider ?

-   Il n’y a qu’un seul homme qui pourrait nous secourir. J'ai consulté beaucoup de ses recettes médicamenteuses, et j’en avais trouvé avec les bonnes préparations pour les soins. Il s’appelle monsieur Belaroseas.

-   C’est bizarre, ajouta Ti-Cœur, ce nom me dit quelque chose.


- Oui, moi aussi, intervint Cannelle de retour avec le matériel. Mais je ne me souviens plus à quelle occasion. je l'ai entendu.  Je vous apporte une bonne nouvelle. Voici la clé de la vinaigrerie.

-   Comment as-tu fais ? S’étonna Ti-Cœur. Cette pièce est privée.

 

-   J’ai obtenu de madame Sinter, l’accès à l’atelier de découpe. On sera à l’abri, au sec, en cas de pluie.


Elle n’avait pas terminé sa phrase, que quelques gouttes commencèrent à tomber.

Les jeunes couturiers se réfugièrent dans la salle. Des paquets, ainsi que des boites de différentes forment s’entreposaient dans le fond de celle-ci..

 

Thymothy s’assit sur une table et continua ses explications. Dehors, la pluie redoublait d’intensité et le bruit résonnait comme une musique sur le toit de tôle.

-   Cannelle et toi, vous devriez chercher cet homme providentiel. J’ai une vague description dans le carnet que l’on m’a donné.

La chabine prit le calepin et le feuilleta. C’est bizarre, il écrit souvent « On ». Ils sont plusieurs ?

-   Je l’avais déjà remarqué. Ils sont peut être deux ou trois, mais rien ne le prouve.

Ti-cœur observa le marque-page, prit une loupe et s’exclama.

-   C’est la route de la Trace !

-   Oui, je crois qu’il vit là bas. En dix jours, vous arriverez certainement à le rencontrer dans cette grande forêt.

-   Je ne veux pas allez dans la forêt de la route de La Trace ! S’écria Cannelle, en pensant aux veillées de Pa Angel.

-   Tu penses au soucougnan, ajouta Ti-Cœur en paniquant intérieurement.


Lorsque subitement Hongres se mit à rire aux éclats, les deux enfants sursautèrent.

 

(1)                      Voir la lecture intégrale de la veillée de Pa Angel de la série: "Raoul le petit cordonnier, et les 17 brigands de la route de la Trace"


Suite des chapitres du Tome 3, le jeudi 17 et le vendredi 18 décembre 10