TOME 3-Chapitre 1 La précieuse fiole SUITE

« Tous droits réservés, Joëlle JEAN-BAPTISTE »

(Publication des 5 premiers chapitres) 

TOME III

Ti-Cœur ANGEL

et l’Apothicaire

 

N°1

La précieuse fiole SUITE


Thymothy Hongres, se leva brutalement. Aussitôt, Condor son perroquet, accroché à son épaule, affolé par le bruit du flacon cassé s’envola et se posa sur une étagère.

Le produit de la précieuse fiole, sitôt au contact du sol, dégagea une fumée noire et acre qui s’éleva dans la pièce. Le couturier, aveuglé, se précipita pour accélérer le ventilateur du plafonnier.

- Condor à bâbord ! Hurla l’animal.

- Maudite bête ! Tu viens de détruire mon médicament !

L’animal surprit du ton de son maitre s’esquiva par la fenêtre.

 

Thymothy devait absolument trouver une solution à son problème. En interrompant son bain manuel quotidien, il allait dans peu de temps subir d’atroces souffrances ! Il ressentait déjà dans ses mains les premiers picotements.

 

Il prit dans un tiroir une paire de gant, ouvrit un tube rouge et imprégna sur sa main, une crème verte.

 

Cela faisait deux ans, que les douleurs commencèrent. A cette époque, il faisait du colportage pour transmettre son savoir -faire, et pratiquer des raccommodages de vêtements chez des personnes aisées dans les faubourgs de Fort-de France.

Il avait réussi à avoir une clientèle fidèle. Un soir pluvieux, pour arriver plus vite dans sa demeure, il passa par un petit chemin boisé, mal éclairé. Il tomba lourdement sur un sol rocailleux, et roula dans un buisson épineux.  Des tiges pointus,  d'une plante inconnue, lui lacéra les mains. Ce soir-là, alertée par ses cris, une femme âgée, distinguée, Maryvonne Olivère, lui porta secours.  Blessé  gravement aux mains, elle lui proposa de le soigner, chez elle.

 

La guérison de ses mains fut très difficile et longue. Il dut subir des interventions chirurgicales.  Ainsi, Maryvonne Olivère, l’aida et lui préparait des bains merveilleux, qui atténuèrent ses douleurs.

 

Un jour, elle lui demanda de l’accompagner pour son départ en vacances. Cependant, elle lui réservait une surprise. Devenue une cliente fidèle, qui connaissait ses soucis, elle lui transmit un petit calepin en lui disant :

- Thymothy, je suis arrivée au bout de ma vie et j’aimerai vous remercier pour toutes les coutures et broderies que vous avez effectuées régulièrement chez moi. Mon salon, resplendit de votre savoir-faire. Vous m’avez rendu un grand service en brodant tous les coussins. Je dispose d’une mallette de soin manuel. Elle m’a grandement servi pendant toutes ces années de couture. J’ai réalisé des broderies chez les plus grands couturiers caribéens, et sans les soins manuels, je n’y serai pas arrivé.

-      Comment cela madame Olivère ?

-      C’est un calepin que j’ai trouvé chez un ami.

-      Un ami ?

-      Un mort.

-      Chez un mort, répéta-t-il, anxieux.

-      Je vous assure Thymothy, je l’ai juste emprunté. J’ai promis de lui remettre le calepin, quand mes affaires iront bien.

-      Au mort ?

-      Oui, il m’avait dit qu’il m'avertirait, le jour où je pourrai le lui remettre.

-      Comment un mort peut vous parler de son carnet ?

-      Regardez la page de garde Thymothy, derrière le filtre transparent, vous trouverez une inscription.

 

Thymothy stupéfait lu une inscription étrange

-      « Moi, Cosmas Belaroseas, né le 13/13/1713, mort le 13/13/1913, décide que celui ou celle qui en prend possession du calepin, est autorisé à l’utiliser, jusqu'à mon prochain retour »

-      Heu, je ne comprends pas, il y a treize mois dans l'année ? Il y a des erreurs importantes dans les dates, avec deux siècles ?

-      Non, il n’y a aucune erreur.

Thymothy regarda la femme, aux cheveux blancs tirés et relevés par un chignon épais, en pensant.

Elle n'a plus toute sa tête à son âge. Elle est très fatiguée. C'est une illuminée ! Et peut être, qu'on la dirige dans un lieu de repos, aux soins intensifs. Et elle n'ose pas m'en parler.


- Depuis quarante deux ans, je n’ai pas eu de ces nouvelles, ajouta t-elle, en souriant.

- Qui est donc cet homme ?

- C'est un guérisseur, un apothicaire, révéla la femme. 

Elle sourit, elle doit être fiévreuse, pensa Thymothy, en lui souhaitant un bon voyage et aussi un très bon repos.

 

 

C’était la dernière fois qu’il avait vu madame Olivère, en partance vers les États-Unis, pour vivre chez ses petits-enfants. Elle lui fit de grands gestes avant de monter dans la passerelle du paquebot.


Il étudiait les pages de son calepin et avait l'impression de découvrir une composition chaque jour.

Ainsi, depuis qu’il appliquait minutieusement, chaque matin, les produits prodigués dans le livret, il remarqua des progressions importantes dans les réalisations qu’il faisait. L’agilité de ses doigts dans les plis des vêtements restaient exceptionnels. Et la douleur n’existait plus.

 

Thymothy regarda l’heure, fit ses bagages en grimaçant, ferma son habitation en laissant des consignes précises à sa domestique.

 

Il était temps de partir pour l’atelier des petites mains.

A l'angle de l'avenue bordée de palmiers, il héla le taxi « Marivaudage », qui s’arrêta à sa hauteur. Le chauffeur plaça sa lourde valise dans son coffre et démarrera en trombe.

 

Une heure plus tard, c’est avec entrain que Ti-Cœur Angel, Cannelle Cokar et Corentyne Clèves Vallier, l’accueillirent dans la cour de l’atelier de couture de madame Sinter.

Ti-cœur remarqua immédiatement l’étrange comportement de son hôte de marque. Ses camarades ne semblaient pas y prêter attention et l’entourèrent joyeusement en l’acclamant.

 

Thymothy Hongres portait sur le visage un sourire crispé, qu’il avait du mal à dissimuler





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