TOME 2- Chapitre 3 Les mystérieuses cartes topographiques

 
 " Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "
  
 
N°3
Les mystérieuses cartes topographiques
 
 
 Sitôt la réunion terminée, les Angel se dirigèrent vers la Savane de Fort-de-France à la recherche d’un « taxi-pays » pour le retour à Saint-Pierre. Leur attention fut attirée par des klaxons persistants.
 
 Ils se retournèrent. Man Angel ouvrit de grands yeux en disant : « Jésus Marie Joseph » en se signant. Alors que Pa Angel resta bouche bée, en voyant Francis Landier leur faire de grands signes.
 
- Eh ! Les Angel vous pouvez monter, j’ai plusieurs places !
Pa Angel se ressaisit.
- Non merci « missié » (1) Landier, nous ne voulons pas passer par la route de la Trace car nous n’avons pas fini nos courses. Man Angel s’exprima en même temps que son mari.
 - Nous devons rendre visite à un parent.
 
Ti-Cœur constata que c’était le seul homme qui pouvait effrayer ses grands-parents de cette façon. Pour rien au monde, la famille Angel ne voulait faire le même parcours pour retourner à Saint-pierre, par les routes périlleuses qu’empruntait ce chauffeur casse-cou.
 
 Puis Pa Angel ouvrit rapidement les portières du taxi « Ciel, Mon Taxi ! »  (2)  Ils s’engouffrèrent tous à l’intérieur. Peint en bleu clair, survolés par des anges blancs et noirs, entouré de petits nuages blancs, ce taxi parcourait régulièrement les belles routes du littoral.
 
Pa Angel, prononça tout bas.
 
 - Prenons vite le taxi de Maxime, parce que, si on doit monter au ciel, nous serons au moins accompagnés par les anges !
- Et avec leur bénédiction, approuva Ti-Cœur.
 - Voyons Ti-Cœur, n’en rajoute pas ! reprit Man Angel en riant.
 
Cependant, rassurée, sa grand-mère, s’assit rapidement dans l’habitacle de la voiture que les clients surnommaient l’escargot. En effet, Maxime Bénit le chauffeur de « Ciel Mon Taxi » s’arrêtait fréquemment en cours de route pour déposer les paquets, et les emplettes de ses clients. Il leur rendait ainsi de multiples services, ce qui maintenait leurs fidélités.
 
En regardant défiler le paysage ensoleillé du littoral de la Martinique, Ti-Cœur repensa à cette journée remplie de surprises. Il soupesa l’épaisse chemise rouge que lui avait donné le notaire.
Que pouvait-elle bien contenir ?
 
Puis, il repensa à sa maman. Après leur sortie du cabinet notarial, les Angel se rendirent à l’Hôpital du Lamentin. Ti-Cœur eut une surprise de taille. En effet sa mère Julia, se trouvait toujours en service hospitalier, spécialisé dans la réanimation.
Couchée dans son lit, fatiguée, sa mère lui demanda de s’approcher. Elle lui donna un baiser sur le front en lui disant :
- Ti-Cœur, je suis encore faible, mais, je reprendrai des forces, je guérirai. Bientôt, je serai de retour auprès de toi. Puis, elle ferma les yeux, et s’endormie paisiblement.
 - Dans quelques semaines, madame Julia Angel sera d’aplomb, confirma le docteur Vauthier.
 
Ti-Cœur s’en alla heureux d’avoir revue sa mère. Elle l’avait enfin reconnu.
(Voir le Tome I, Ti-Cœur ANGEL et le Zombi du Carnaval antillais).
 
 En cours de route, le voyage fut ralenti, car le chauffeur s’arrêta pour livrer quelques paquets, et réparer une roue. (...)
 
Ce fut au coucher du soleil, épuisés qu’ils arrivèrent dans leur maisonnette. Aussitôt, Man recommanda à Ti-Cœur qui s’apprêtait à ouvrir l’enveloppe.
 - Tu as eu trop d’émotions aujourd’hui mon chéri. Tu ouvriras l’enveloppe demain matin.
 - Je veux savoir ce qu’elle contient !
- Non, il est tard, tu dois aller au lit, demain il y a cours à l'atelier de couture, ajouta son grand-père en plaçant la chemise dans un tiroir du semainier en bois d’ébène, qu’il avait récemment façonné.
 
Son grand père qui excellait en menuiserie, avait offert ce meuble à Man Angel pour leurs quarante années de mariage.
En entendant ces mots, Ti-Cœur eut envie de crier.
- Bon sang, c’est bien vous qui serez à la rue dans deux mois, si je ne trouve pas ce fichu trésor !
 
Mais, il se retint, dîna tranquillement, puis se coucha en repensant au doux baiser de sa maman.
 
 
 
A quelques lieu de là, en revenant de chez le notaire, Corentyne entra directement dans sa chambre en portant sous le bras l'épaisse enveloppe notariale.  Elle ressorti deux minutes plus tard en hurlant et en bondissant de joie. Son père Christian Vallier, qui s’apprêtait à passer à table, avala son punch de travers.
 
- Heu, tu as déjà trouvé le lieu du trésor ? Demanda-t'il en les paupières grandes ouvertes.
- Ma fille est très intelligente, répondit Ludivine en se précipitant vers elle, avec le plat de hors d’œuvre. Elle manqua de glisser dans la salle à manger.
- Il est situé où ce trésor ?
- Regarder ! Dit Corentyne en déposa la lettre sur la table, vite happée par sa mère.
 
 
 Mademoiselle Corentyne Clèves Vallier,
Nous avons l’honneur de vous annoncer votre sélection pour le concours du Prix du Dé d’Or à Paris. (…)
 
Ses parents la félicitèrent, et aussitôt gênés ils questionnèrent.
 
 - Ma chérie, qu’est-ce qu’il y avait à l’intérieur de la chemise ? Demanda son père.
- As-tu des indices ?
 - Je ne l’ai pas encore ouverte, répondit Corentyne en relisant sa lettre de sélection.
- Quoi ? S’étonna monsieur Christian Vallier. Tu ne l’as pas ouvert ?
- Je préfère préparer mon concours. Cette compétition est très importante pour moi. Je dois confectionner des vêtements, pour le défilé qui se tiendra dans un mois à Paris.
- Et que vas-tu faire ? Tu ne dois pas conserver les documents que le notaire t'a donné.
 - Tu dois choisir le garçon à qui tu les remettras, conseilla sa maman, contente au fond que sa fille échappe à une quête qui s'avérait  certainement périlleuse.
- Je n’ai pas prit de décision, répondit Corentyne, en pensant à Guy Vallier et à Ti-Cœur Angel (…)
La chasse au trésor ne l’intéressait visiblement plus. (...)
 
 
 
Au milieu de la nuit, le jeune garçon se réveilla en sueur. Il ressentait une angoisse latente et n’avait qu’une hâte, celle de découvrir le contenu de l’enveloppe. Ti-Cœur pensa au défunt maître Édouard Vallier. Celui-ci n’avait eu aucun descendant avec son épouse, décédée trois ans plus tôt. C’est pour cette raison qu’il rédigé son testament, en faveur des trois enfants qu’il affectionnait : sa nièce Corentyne Vallier, son neveu Guy Vallier et surtout Ti-Cœur qu’il appréciait énormément.
 
En silence, à la lueur du clair de lune, il se dirigea dans la salle à manger. Il alluma la lampe à pétrole, et ouvrit doucement le tiroir, pour ne pas réveiller ses grands-parents. Le tiroir grinça. Ti-Cœur s’empara de la chemise rouge, la posa sur la table de la cuisine, et l’examina longuement. Ensuite, il prit d’un couteau, décacheta la chemise, et étala le contenu sur la table. Divers objets de différentes formes et couleur apparurent sous ses yeux ébahis.
 
Il eut la surprise de trouver dans une petite enveloppe, une lettre de Maître Vallier. Il l’ouvrit et s’aperçut qu’elle ne lui était pas destinée.
 
Ti-Cœur hésita à la lire car elle concernait Guy Vallier, son camarade à l’atelier de couture, qui lui aussi, participait à la course au trésor. Le notaire s’était trompé de chemise. Ti-Cœur regarda le verso et vit pourtant son nom inscrit dessus.
 D’où provenait l’erreur ?
La curiosité l’emporta, il prit la lettre et feuilleta les pages manuscrites.
 
« Mon cher Guy, adoré.
Quand tu liras cette lettre, cela voudra dire que je ne suis plus de ce monde. Tu as une épreuve importante à traverser mais rien ne t’oblige à l’affronter. Si tu ne veux pas y participer, alors je te conseille de remettre tous les documents aux deux autres enfants. Cela dit, je connais ta motivation dans la quête du fabuleux trésor (…) Ti-Cœur survola le reste des lignes remplies d’informations précises (…) et lu les dernières phrases. Tu dois faire face aux épreuves. Grâce à l’union de vous trois, tout est réalisable.
Très affectueusement ton oncle, Édouard, qui t’aimera toujours ».
 
Le jeune garçon examina les autres objets : des feuilles jaunies, des cartes topographiques, et maritimes, une équerre, un encrier, et il trouva quatre dents de requins, enroulées dans une feuille transparente. 
 
 Que pouvait signifier tout ceci ?
 
Il se dirigea vers un tiroir du semainier et prit une loupe. Puis, Ti-Cœur déplia les cartes sur lesquelles figuraient des annotations illisibles, des croix et des légendes.
Seraient-ce les lieux, où des prospections à pénétrer ?
 
Un bruit dans la chambre des grands-parents le fit sursauter. Il éteignit rapidement la lampe à pétrole.
 
Ensuite, à la lueur de la lune, il rassembla les documents et les remit dans la chemise. Il se recoucha à trois heures trente du matin en plaçant sa chemise dans sa table de chevet.
 
Ti-Cœur se rendit compte de l’importance de la tâche qui l’attendait. (...) Il devait trouver un trésor en moins de deux mois.
 
 
 
 
 Au même instant, Guy Vallier se retourna dans son lit. Il n’arrivait pas à trouver le sommeil, il pensait à la déception de la journée. (...) Trouver le trésor avant Ti-Cœur et Corentyne devenait une obsession.
 
Dès son retour du cabinet notarial, il avait foncé dans sa chambre et ouvert tout de suite sa chemise. Il  découvrit plusieurs enveloppes, les décachetèrent rapidement, jeta l'emballage. Bien des choses restaient incompréhensibles. Il avait observé plusieurs objets : un compas, une boussole, et une clé rouillée.
 Ces cartes possédaient un tracé particulier. Il n’y comprenait rien. Il découvrit avec répugnance, une peau de lézard séchée, et une carapace de crabe.
Mais, que pouvait dire tout ceci ?
 
Tels étaient les indices laissées par son oncle ! Pourquoi m’a-t-il légué ces horreurs ?
 
Il se souvenait avec nostalgie, des moments passés aux côtés de son oncle qui lui racontait des histoires de flibustiers. (…) Dégouté de ces trouvailles, il se réservait le lendemain pour ouvrir le reste des documents. (...)
 
 
 
  
Ti-Cœur se réveilla très joyeux. Il prit son petit déjeuner sur la terrasse entourée de bougainvillées. Il dégusta deux macarons, un verre de lait et un jus de noix de coco. Puis, avant de partir à l’atelier, Les Petites Mains, il décida de faire un détour par le jardin.
Là, il vit son grand-père s’atteler dès le matin à la peinture d’une yole. (…).
 
- Bonjour Pa. Tu crois qu’elle sera prête pour le tour de yoles de la Martinique ?
- Oui mon garçon. Tu as bien dormi ? Quand vas-tu récupérer les dix livres offerts par maître Vallier ?
- J’irai les chercher, après l’école avec mes camarades.
 - Bonne journée Pa et Man ! 
- Et l’enveloppe ? Cria Pa Angel, alors que Ti-Cœur s’en alla en courant dans l’allée fleurie de romarin.
Pa Angel secoua la tête.
 - Ne t’en fais pas, Eugène, il nous expliquera le contenu de son enveloppe à son retour, lui répondit Man Angel en lui apportant une tasse de café, qu’elle déposa sur la table de l’atelier.
 
 
 
Cette fois-ci je passerai par la forêt, pensa Ti-Cœur. Il paraît qu’il y a des gens gagés. (3) (...) Il s'engagea dans un sentier sinueux en direction de la forêt de bambous.(…) Quelques minutes plus tard, il entendit soudain une branche craquer.
 Ti-Cœur se retourna, intrigué. (…)
 
 
1) Monsieur
2) Nom du taxi
3) Personnes qui ont concluent un pacte avec le diable.
 
 
 
 
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