TOME 1-Chapitre 1 L'apprenti couturier


              

( Publication des 5 premiers chapitres ) 

TOME 1

 " Tous droits réservés par Joëlle JEAN-BAPTISTE "

 

Ti-Cœur ANGEL

et

Le Zombi du Carnaval Antillais

N°1
L'apprenti couturier



Le soleil se coucha sur Saint-Pierre, ville située au nord de la belle île de la Martinique, surnommée Madinina "l’île aux fleurs".

Ti-Cœur Angel, un jeune apprenti couturier d’une douzaine d’années, vivait heureux avec ses grands-parents, Élise et Eugène, prénommés « Man et Pa Angel », dans une maisonnette nichée au pied du volcan de la Montagne Pelée. Celle-ci se trouvait à proximité de la plantation de canne à sucre, du propriétaire béké, maître Édouard Vallier, décédé deux mois plus tôt.

 

Vers deux heures du matin, n’ayant pas sommeil, Ti-Cœur sortit de sa chambre, sur la pointe des pieds, en faisant attention à ne pas réveiller ses grands-parents.

Il décida d’emmener son jeune chien, Alpaga. De toute façon, il n’avait pas le choix. S’il partait sans lui, il allait certainement s’agiter et réveiller la maisonnée.

Ti-Cœur n’avait pas l’autorisation de sortir le soir. Si son grand-père le surprenait, il passerait un très mauvais moment, et serait puni.

 Celui-ci dormait dans son panier d’osier au pied de son lit.

Alpaga, son jeune chien, l’accompagnerait.

-        Vient, on va faire un tour !

D’un bond l’animal sortit de son panier en remuant dans tous les sens.

-        Chut ! Arrête ton cirque !

Alpaga se calma aussitôt.

Ti-Cœur s’habilla, prit une veste, et de dirigea vers la porte du jardin. Ils partirent en direction du bois, éclairé par la peine lune, et se rendirent vers la propriété des Vallier. C’était la deuxième fois qu’ils faisaient cette promenade nocturne.

 On était en période sèche appelée « carême », qui s’étendait de janvier à avril. Les températures chaudes ponctuaient les journées.

Certaines nuits, proches de la montagne Pelée semblaient parfois rafraichies.

 

Ils entrèrent dans la forêt humide, remplie de bois galba et de tan rouge. Soudain Alpaga s’enfonça dans des fougères arborescentes.

-        Alpaga, on n’a pas le temps de jouer, revient !

L'enfant avait du mal à le suivre, l’animal ne l’écoutait pas.

-        Alpaga, au pied ! Répéta Ti-Cœur ennuyé.

Au bout d’un moment, le chiot ressortit en humant l’air, puis, il grogna. (...)

Ti-Cœur ne voulait plus prendre le risque de le perdre, et il le mit aussitôt en laisse.

Ensuite, ils arrivèrent sur une route bordée de balisiers, longèrent le chemin et arrivèrent devant une immense bâtisse. Ils franchirent le portail massif, où se dressait, la maison coloniale en pierre de taille. (…)

Passionné par la couture, l’ancien propriétaire, le laissait lire des ouvrages de couture, contre de menus travaux dans le domaine. Ti-Cœur connaissait les lieux comme sa poche. Il balayait souvent les allées, taillait les haies aux alentours, et aidait le jardinier aux travaux dans la propriété.

 

Ils s’approchèrent d’un volet coulissant. Ti-Cœur débloqua un loquet et ouvrit les persiennes.

-        Reste là, Alpaga, je reviens bientôt.

Son chien gémit, lorsqu’il l’attacha au loquet de la fenêtre.

-        Et prévient-moi s’il y a quelqu’un !

Sa queue frétilla en signe d’approbation. Ti-Cœur savait que son chien de pedigree basenji, avait la particularité de ne pas aboyer.

Cependant, grâce à ses différents gémissements, Ti-Cœur arrivait à le comprendre.

Un jour, il l’avait même entendu siffler, au détour d’une allée. Étrangement, lorsque le chien l’avait vu, il s’était soudain tût.

 

Ti-Cœur se rappela de sa rencontre. Il l’avait trouvé trois mois de cela, en nettoyant la cale d’un bateau de pêche provenant du sud de l’ile. De petits sifflements avaient retenus son attention. Lorsque Ti-Cœur avait soulevé une couverture, l’animal était caché au fond dans un grand caisson.

Il portait un collier à son cou, avec des numéros étranges que l’enfant essayait de déchiffrer.

Curieux sur l’origine de son animal, Ti-Cœur faisait des recherches sur sa provenance. Et en attendant, il l’avait adopté.

Ainsi, pendant que son chien, obéissant, faisait la garde, l’apprenti couturier entra dans la maison en marchant doucement sur le pavé marbré. Il savait qu’elle était inhabitée depuis la mort du maitre.

Il se dirigea vers une lampe à pétrole, prit son briquet et alluma la mèche. Il se dirigea dans la bibliothèque d’Édouard Vallier, pour emprunter quelques ouvrages. Il en avait repéré un intitulé : « L’art de fabriquer des costumes de carnaval ?».

Il sortit de sa poche un sac plastique qu’il déplia, et y plaça trois livres. Soudain, intrigué par un fin livret coincé entre deux gros ouvrages, lorsqu’il tira dessus pour le prendre Ti-cœur eut la surprise d’entendre un bruit au fond de la pièce.

Interloqué, Ti-Cœur se rapprocha. Un compartiment se détacha d’une dalle marbré. (…)

Revenu une heure après, discrètement dans sa maisonnette, Ti-Cœur se rendit dans la cuisine, chiper quelques macarons, pour récompenser son chien (…). Puis, l’enfant soigna sa blessure (…). Pendant que celui-ci grignotait dans son panier au pied de son lit, Ti-Cœur bouquina son livre, une grande partie de la nuit.

En effet, le mulâtre se plaça dans un coin couture escamotable de sa chambre, qu’il affectionnait tant. Il ouvrit sa grande armoire fabriquée par son grand-père Pa Angel, pour son dernier anniversaire, et s’installa à une table coulissante à côté de sa machine à couture.

Confortablement assis à son siège à roulette, il commença la lecture de son ouvrage et continua de dessiner le patron du Vaval qu’il devait créer.

Demain, c’était le dernier jour, et il devait montrer le modèle à sa patronne, madame Sinter et à ses camarades de l’atelier « Les Petites Mains ».

L’agréable période du carnaval du mois de février débutait bientôt. A la mi-janvier, Ti-Cœur voulait être à la hauteur en effectuant des coupes et des costumes pour des particuliers. Dans l'atelier de couture réputée, de madame Sinter, appelé « Les petites mains », Ti-Cœur avait obtenu dès le début de l’année, le privilège et la lourde tâche de fabriquer le « Vaval » de la ville.

C’était une marionnette qui devait représenter une personnalité de la ville. Déjà, beaucoup de fausses informations circulaient. Certains pensaient que Vaval aurait l’effigie, soit du maire René Philibert, du négociant en rhum Christophe Gascar, ou des Broglie, les bourgeois de la ville.

Tous ces notables redoutaient d’être transformés en Vaval, ce qui déclencherait les moqueries de la population, pendant toute la durée du carnaval.

De plus, le dernier jour, la marionnette serait brûlée sur le rivage, et son exécution annoncerait la fin des festivités carnavalesques.

Ti-Cœur s’endormit rapidement, en pensant à l’étrange nuit qu’il venait de vivre (…).

 


(...) Confidentialité des informations de la série

 

Suite du chapitre 1, le mois prochain.

 

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